Verriales 2007

L’univers de notre vie est parsemé d’une infinité de contrastes qui nous constituent des échelles sur lesquelles s’exercent nos sens et notre jugement.
Ils nous permettent de nous déterminer par rapport à l’espace et au temps.

Un contraste est formé de deux éléments qui marquent les deux extrémités d’une ligne, sorte d’échelle d’appréciation sur laquelle nous nous situons en permanence sans même y penser.

Dans l’espace, l’infiniment petit existe par rapport à l’infiniment grand.
Sur la ligne du temps, nous sommes dans le présent entre deux infinis, le passé et le futur.
Ces échelles de contraste sont parfois ponctuées de moments remarquables, ainsi entre la vie et la mort, nous reconnaissons aisément l’enfance, l’adolescence, la maturité et la vieillesse.
Les contrastes sont donc légions et forcément tout artiste se trouve confronté à chaque instant à un contraste qui s’impose à lui. C’est ainsi que jaillit son expression créative dans la façon dont il parvient soit à confronter les extrêmes et faire naître de cette opposition sa propre lumière, soit à les unir dans des tours de force éblouissants qui aboutissent même parfois à des appellations génériques comme les clairs-obscurs de Rembrandt.

Et quand les artistes manipulent le verre, ils utilisent une matière première pétrie de contrastes : transparence et opacité, ombre et lumière, solide et liquide, chaud et froid, irisation et monochromie. Le contraste est un moteur de créativité. L’artiste se pose dans son œuvre en s’opposant au contraste qui à la fois le guide et le harcèle.

Ce nouveau thème “CONTRASTE” développé dans le cadre des VERRIALES 2007 par plus de trente artistes internationaux, nous montre comment chacun d’entre eux, avec ses préoccupations, ses goûts, ses envies, ses questionnements illustre dans ses œuvres un contraste aux dimensions ultra-personnelles : opposition de sujets, opposition de formes, opposition de couleurs, opposition de matières minérales…
Mariages impossibles, unions sublimes, rapprochements inattendus, les artistes nous parlent d’eux.
Leurs mains qu’agitent des sentiments enfouis dans leur cœur et leur âme, maîtrisent beauté et laideur, amour et haine, essor et déclin, esclavage et liberté, vice et vertu, orgueil et humilité, égoïsme et altruisme, avarice et générosité, cimes et abîmes, cœur et raison, diable et bon dieu….

Cette nouvelle exposition vous permettra de découvrir avec émotion l’illustration artistique de nombreux contrastes qui rythment nos vies d’Hommes.

Serge Lechaczynski et Jean Eskenazi

The nasty side of Bob, 2005

Le 19/06/2007
« Bouillon de pomme de terre... la chronique d’une cuisine »

Il n’avait vendu que tout récemment le vieux break Rambler vert et blanc qu’il avait conduit de partout en Providence du Sud pendant tant d’années. Il pensait avoir 85 ans, mais c’était juste une supposition. C’était assez proche. C’était un solitaire, un petit homme calme avec un teint coloré et un sourire doux. En tant que colporteur, en quelque sorte, il avait travaillé dur, faisant du porte-à-porte dans les maisons à trois étages, à la recherche d’acheteurs. Le coffre de sa Rambler était bourré de vêtements de deuxième main, des shmatuhs et des petits appareils : un balai, une lampe, une horloge. Des articles de ménage, la plupart du temps à troquer contre des fruits et des légumes – peut-être quelques dollars. D’année en année, je ne sais comment, Zaida Louie était arrivé à gagner sa vie.

Mon chemin de la maison à l’école me menait devant la maison de Bubby et de Zaida, mes grands-parents paternels, où je m’étais souvent arrêté volontiers pour manger quelque chose. Du pain brun épais généreusement recouvert de vrai beurre. Un festin que je n’ai jamais eu chez moi. La cuisine était un concert d’arômes riches et exotiques. Bubby faisait les plus exquises tomates vertes aigres à l’aneth : le genre à vous faire grimacer et plisser les yeux. Elle faisait souvent un plat nommé gribuhniz, de la peau de poulet et des oignons frits dans la graisse de poulet – shmaltz. Zaida, avec son estomac en béton, n’en avait jamais trop – prenant une bouchée et puis mordant dans un oignon cru entier qu’il croquait comme si c’était une pomme.

Bubby Annie faisait le ménage et était bénévole à l’hôpital voisin. Assise dans la cuisine, à coté de la radio, elle écoutait de l’opéra tout en roulant des bandages. Avec ses traits doux et lisses, il émanait d’elle une dignité tranquille, ses yeux semblant glacés à cause d’une lente cécité, devenue totale. Elle souriait souvent et ne se plaignait jamais. Elle avait les mains toujours chaudes et affectueuses. Louie et elle parlaient avec un très fort accent, une sorte de bouillon de pomme de terre yiddish et anglais, résultant de leur enfance dans la mère patrie et d’une longue vie ici. Il ne se passait pas une visite sans qu’elle ne sorte un dollar de sa bourse usée, m’incitant à aller chercher un soda. "Mais un soda ne coûte que dix cents, Bubby," murmurerais-je. Elle me faisait taire et fermait mon poing autour de son cadeau.

Zaida ne disait jamais grand-chose - sauf quand il regardait les feuilletons à la télévision. Quand l’intrigue se compliquait, il pointait son doigt de façon dédaigneuse, « Quel mumzuh celui-là ! » C’était la seule occasion où je l’avais vu s’exciter. Quand il pensait que Bubby ne pouvait pas nous entendre, il me glissait quelques pièces en me demandant d’aller lui chercher un milk-shake. Chez Royal, il y avait toujours un distributeur de soda. Ce petit magasin du coin était une mine de trésors : bonbons, bandes dessinées, balles en caoutchouc et les bubble-gums roses avec leur carte de joueurs de baseball. Dans la cuisine cachère de Bubby Annie, les milk-shakes achetés dans la rue étaient interdits, alors qu’ils étaient l’un des fréquents péchés mignons, non-cachers, de Louie ! Habituellement, le bon Dieu le lui permettait, en fermant les yeux. Bubby le savait toujours, bien qu’elle ne puisse voir...
Vers la fin de leur vie, Bubby et Zaida avaient déjà donné aux autres le peu d’argent qu’ils avaient réussi à mettre de côté. Ils sont morts tous les deux à six mois d’intervalle. La dernière fois que j’ai vu Louie, il était allongé paisiblement dans un lit d’hôpital. En plissant les yeux, il était arrivé à me faire un petit sourire, de son air rusé de toujours. C’était comme si les milk-shakes illicites étaient un secret que seuls lui et moi avions gardé. Je me suis demandé s’il allait en demander, mais non. « Vas voir ta Bubby.» dit-il, avec le peu de voix qui lui restait, « Je pense qu’elle est dans la cuisine. » Et puis, il nous a quitté.

Matières

Le 06/08/2007

Bouyon le 24-05-2007

Pour moi les contrastes sont subjectifs et relatifs aux individus.

En voici quelques uns qui interviennent dans mes recherches :

LISSE – COUPANT
CLAIR – OBSCUR
MAT – BRILLANT
GOÛT
TRANSPARENT – OPAQUE
DEDANS – DEHORS
FORT – FAIBLE
PLEIN – VIDE
LIBRE – EMPRISONNÉ
LOUANGES – CRITIQUES
PROSPÉRITÉ – REVERS
GUERRE – PAIX
DOUX – PIQUANT
CHAUD – FROID
PROFOND – SUPERFICIEL
SOUFFRANCE – PLAISIR
JOUR – NUIT
DÉPENDANCE - INDÉPENDANCE
NAISSANCE
MORT
POISON – ÉLIXIR



« Il faut vraiment que je m’occupe de cette pizza avant de m’endormir….. »

Blinded by Darkness

Le 18/06/2007

« Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. »

1 Jean 2:11

 

Dimensions : H 7’’ x L 5.5’’ x P 6’’

Crossing over

Le 19/06/2007
Noir contre blanc contre noir.
Noir sur blanc; blanc sur noir.
Une forme fluide dans une matière rigide.

NOTTE

Le 19/06/2007
En entendant le mot « contraste », dans un premier temps, des idées évidentes me sont venues : lumière et ombre, noir et blanc, bien et mal, vie et mort.

Ce sont des choses plutôt insupportables, qui peuvent nous accabler.
Pour simplement survivre, nous avons besoin de transitions, de tons et d’atmosphères détendues. Et là surgit même la question : que pourrait être le contraste du contraste ?

Leading the Way

Le 19/06/2007
Le monde contemporain fournit à l´artiste un contexte pour examiner la condition humaine, qui est constituée par une myriade de forces et de phénomènes, apparemment contrastants, qui ont traditionnellement coexisté pour créer un sens d´équilibre et d’harmonie. Bon nombre de philosophes, de créateurs et de laïques attribuent à la perte de l’équilibre les discutables désarrois et décadences du monde ainsi que la satisfaction microcosmique et l´angoisse de l´humanité. Tandis que certains attestent de la dominance de l´industrialisation, de la guerre et du matérialisme sur les valeurs respectives de la nature, de la paix, et de la philanthropie, d´autres décrient la perte de moralité, des principes admis et des normes de jadis. Évidemment, il est difficile de se dissocier complètement de telles vues simplistes et fatalistes du monde dans cette époque fragile et incertaine. Cependant, en tant qu´artiste, je me sens obligé de contrecarrer cette vision cynique répétitive, en essayant de faire une synthèse des deux royaumes incompatibles que sont le réalisme pessimiste et l´idéalisme optimiste.
En se nourrissant de l’espoir de prospérité et d’avancement, personnel et sociétal, mon œuvre s’inspire de la beauté, spirituelle et physique, de notre monde ainsi que de la capacité des hommes à comprendre et de leur besoin de renaissance, que ce soit par des moyens naturels ou nihilistes.

En contemplant le thème du Contraste, j´ai essayé de souligner certains éléments formels contradictoires, dont la juxtaposition et la variété établissent l´unité et l´équilibre, visuels et tactiles. Mes sculptures figuratives, qui ont été décrites comme des peintures tridimensionnelles, sont en elles dualistiques et servent donc, essentiellement, comme un autre véhicule d’analyse du rapport thématique entre l´harmonie et la discorde. Ces représentations multimédia des doubles corporels emblématiques suggèrent les états coexistants de réalité manifeste et d´imagination latente. Elles illustrent également la médiation entre les souvenirs du passé et les désirs d’un futur réinventé.

Les propriétés matérielles de la transparence onirique contre la dissimulation d’opacité convergent avec des arrangements opposés de surfaces texturées, de couleurs, de lignes et de formes, pour refléter ma propre image, mal à l’aise, du soi et du monde qui m’entoure. Le Contraste entre la façade externe apparente et l´intérieur voilé de mes narratifs propose en outre une complexité multicouche autoréférentielle d´identité, d’histoire, et d’objectif. Ceci souligne la recherche individuelle de l´expression personnelle, la liberté et l´unicité culturelle et attire également l´attention sur nos similitudes universelles et les expériences partagées. C´est cette recherche significative qui continue finalement à conduire mon esprit créateur au delà du chemin contrastant de l´adversité vers l’éventuelle percée qu’est la Lumière.

Labyrinthe en mouvement

Le 19/06/2007
Parfois, en ville, j’ai des visions bizarres. Le réseau de rues devient un labyrinthe fantasque de décors de théâtre en mouvement. Ses chemins s’ouvrent juste devant les yeux et se ferment toute de suite derrière le dos.

Texte Ivo Kren, conservateur de la collection du verrre
VYCHODOCESKE MUSEUM  Pardubice

Avec des espérances

Le 19/06/2007
Avec des espérances, la femme porte en elle une nouvelle vie. Avec des espérances, tôt ou tard, elle la regarde partir en sa propre route, toute seule à travers le désert, toujours plus loin. Avec des espérances que son chemin sera bordé d’oasis et que le sable ne couvrira pas ses traces.

Texte Ivo Kren, conservateur de la collection du verrre
VYCHODOCESKE MUSEUM  Pardubice

l’autre miroir

Le 19/06/2007
« Enfant, je craignais que le miroir me montre un autre visage ou un masque aveugle, impersonnel qui cacherait assurément quelque chose d’atroce ; aujourd’hui, je crains que le miroir enferme le véritable visage de mon âme orgueilleuse, sur la défensive et abattue, celui que voit Dieu, peut-être aussi les hommes. »
J.L Borgès, Le Miroir, traduit par R. Caillois

Au-dessus de la profondeur

Le 19/06/2007
A chaque fois, il faut s’arrêter au milieu du pont et regarder la profondeur au-dessus de laquelle il nous a menés. Elle sait être sans fin, magique, séduisante, une autre fois menaçante, absorbante. Ce n’est qu’au moment où on donne un nom à la profondeur que le pont au-dessus d’elle obtient sa signification et son sens vrais.

Texte Ivo Kren, conservateur de la collection du verrre

VYCHODOCESKE MUSEUM  Pardubice

l´Enclume et l´Oeuf

Le 19/06/2007
Chaque année, Serge nous défie avec un nouveau thème pour tester notre créativité et nos compétences techniques. Et cette année ne fait pas exception.

Le Contraste évoque tant de possibilités qu’il a été difficile pour nous de les limiter et d´exprimer une idée qui ne semblait pas évidente. Nous demander de considérer les contrastes inhérents dans le verre en lui-même nous a fourni un point de départ et nous a mené à penser à sa capacité d´exprimer une variété de poids visuels.

Le contraste est aussi défini comme des forces en opposition, ce qui nous a conduit à produire la pièce l´Enclume et l´Oeuf. Cette rencontre, potentiellement dangereuse, de ces deux objets nous est apparue encore plus intéressante lorsque, en équilibre sur l´Enclume légère, l´Oeuf donne une impression de grande lourdeur.

Dans la vie, les choses ne sont pas toujours ce qu´elles apparaissent et
le Contraste peut tantôt nous confondre, tantôt nous éclairer, lorsque nous déchiffrons le fait de la fiction.

- Steve Clements & Leah Wingfield

Still Alive / Fleuve et Stele XXIV

Le 19/06/2007
Tralucentes novi liquores fluxisse

« En termes de physique moléculaire, le verre est techniquement différencié d’un solide cristallin et des états liquides en ce que la configuration de ses molécules est à la fois structurée et désordonnée, partageant ainsi tout à la fois les propriétés d’un liquide (bien qu’il soit solidement constitué) et celles d’un solide (en dépit de l’absence de structures régulières). Le médium d’élection d’Antoine Leperlier se caractérise par sa viscosité - celle-ci étant définie par le degré de résistance à l’écoulement, dont l’unité de mesure est la poisse.
Par ses comportements physiques, en tant qu’état de la matière, le verre est propre à exprimer les conceptions philosophiques opposées de la dynamique chez Héraclite (liquide, flux) et chez Parménide (solidité, permanence, fixité), données essentielles de la philosophie grecque ancienne, pour laquelle justement se passionne depuis toujours Antoine Leperlier. La relation entre idée et matière ouvre ici un horizon nouveau, celui d’une substance méditative ou d’une technologie imaginative. »

Andrew Brewerton © 2006

Extrait du texte pour le catalogue de l’exposition « Antoine Leperlier-Métaphysique du verre ».
Musée National de Céramique. Sévres.2007
Andrew Brewerton est Directeur du Dartington College of Arts (UK), et professeur honoraire des Beaux Arts à l’université de  Shanghai (Chine)

Contendo

Le 19/06/2007
 Steven crée des œuvres dont l’esthétisme ne nous laisse pas indifférent.
Il surfe habilement dans son monde, avec des effets, une beauté, un volume, de la perfection, une extrême rigueur, basculant rarement dans le cliché.

Il utilise le médium verre comme un moyen, et non une fin de soi.

Il a d’autant plus de mérite, que dans son domaine de prédilection, le prisme et l’optique, les créateurs trop souvent échouent dans la facilité de la beauté intrinsèque du matériau.

Son caractère bien trempé ne nous a pas empêché de tisser depuis 1986 une relation de confiance et d’amitié inébranlable.

Steven dans sa forme d’expression artistique est de tout premier plan sur la scène internationale.

Ces œuvres ne souffrent pas de l’à-peu-près, elles tendent vers l’excellence.
Serge Lechaczynski

Analogie II

Le 19/06/2007
Comme des masques translucides, ces formes debout voilent au premier regard le corps de la sculpture. On devine entre des persiennes, des meurtrières ou des entailles, on découvre le relief des empreintes à l´intérieur d´une fragile armure de verre.

Comme des reliquaires, la forme close interdit le contact immédiat. La scène se passe à l´intérieur, dans un espace fermé et le regardeur se fait voyeur. A la fois cachées et révélées, les empreintes sont les miroirs infidèles d´un vécu statufié, photomontage d´événements qui se chevauchent et se côtoient.

De l´autre côté du miroir, la face opposée révèle la figure déformée des empreintes. Le verre ne joue pas la transparence, la matière et la couleur masquent et travestissent ce qui est donné à voir. Le verre se fait obstacle tout en suggérant un Janus à deux visages qui se font face.

Le contraste m´évoque plus une improbabilité qu´une opposition.

L’arc améthyste

Le 19/06/2007
CONTRASTE, tout est contraste. La vie, avec ses couleurs noires et blanches, la beauté et la laideur… Une surface polie comme une étendue d’eau, une cavité rugueuse comme la roche… Cela donne naissance à la tension, la même qui compose la vie. Sans le contraste, notre vie serait si ennuyeuse et la sculpture perdrait toute sa curiosité.

Matter and spirit

Le 19/06/2007
AU COMMENCEMENT de la Création... le Créateur a façonné l’Homme avec l’argile de la Terre et lui a insufflé la Vie dans ses narines. Ainsi, l’Homme est devenu une créature vivante.

Deux mondes contrastants se réunissent et s’unissent ainsi dans l´Humanité : ceux de la matière visible et de l´esprit invisible.

Car le souffle de la Vie n´est pas simplement le souffle qui donne et anime la vie, mais également l´image de Dieu, c’est-à-dire, l’Ame et l’Esprit : réflexion et connaissance, valeur et vertu, destin et responsabilité morale, servage et liberté… groupés autour des polarités fondamentales qui insufflent l´existence humaine de tensions constantes, la dotent de dynamisme face aux événements et aux circonstances et déterminent même des intrigues et des intervalles.

La Poussière et l’Esprit, la Matière et l’Ame, le servage et la liberté, l’animal et l’ange - deux extrêmes contrastants entre lesquels l´existence humaine et l´activité de toute une vie fluctuent et vacillent. Ce n’est pas une juxtaposition simple, comme deux mondes opposés qui se rencontrent et sont en conflit de temps en temps ; c’est plutôt que les deux pôles opposés sont mutuellement interdépendants, comme des gabarits et leurs compléments : l’un ne peut pas exister sans l’autre, ils se présupposent mutuellement et se complètent intégralement.

Paradoxalement, c´est donc l´Homme qui porte la matière de la Terre donnant la forme, et le souffle de Dieu qui donne la vie dans son image divine éternelle.

: “Looking South”

Le 19/06/2007
Penser en grand, contempler les contrastes noir/blanc, jour/nuit, terre/ciel, lumière/obscurité : tels étaient nos points de départ. La forme pyramidale a été choisie pour sa référence historique et son patrimoine astrologique. Elle a été allongée afin de démontrer l’immensité de l’espace extra-atmosphérique. Nous avons commencé à partir d’un point unique, le centre de la Terre, en diffusant vers le sud : une expansion à travers un noyau en fusion, incandescent, essayant de saisir, à travers une croûte dense et opaque, cette couche réfrigérante d’eau et d’air. En traversant l’atmosphère, la lumière se transforme en ténèbres pendant que nous traitons les contrastes entre l’espace, interne et externe.
Se levant chaque jour, la Lune est liée à la Terre par la gravité et le voyage dans l’espace. Les Hommes ont marché sur la Lune, ils ont transporté des Rovers sur Mars et envoyé leurs instruments au-delà des planètes. L’un des thèmes de base de notre travail est l’espoir. L’espoir est tonique et euphorique. Chaque fois que nous levons nos têtes par un ciel dégagé et que nous reconnaissons quelques constellations, nous éprouvons cette sensation.

D’ici, sur Terre, nous étudions le ciel. La lumière vue à travers un prisme est séparée en un arc-en-ciel de couleurs. Avec des télescopes, nous pouvons regarder les étoiles voisines. Plus loin, des centaines et des milliers d’étoiles se sont regroupées pour former des galaxies. En explorant les ténèbres de l’espace, nous trouvons des trous noirs qui plient la lumière, et des soleils qui scintillent en nuances de couleur au fur et à mesure qu’ils vieillissent. Nous essayons de rassembler ce puzzle qu’est l’espace. Notre univers tourne et s’étend constamment, donc il « Regarde vers le sud ».

TORSO B.I.

Le 19/06/2007

On peut en dire long sur le phénomène de CONSTRASTE.
Mon idée de ce matin est que parfois nous essayons ardemment de créer le CONTRASTE et parfois nous essayons de l´effacer.

METAMORPHOSE

Le 19/06/2007
Qui est-ce qui peut prouver avec certitude quelle apparence aura un ange de la dépravation ou bien un extra-terrestre ? Cet être-là est un messager venant des profondeurs ou des rêves emphatiques.

Texte Ivo Kren, conservateur de la collection du verrre
VYCHODOCESKE MUSEUM Pardubice

Arrêt sur image

Le 19/06/2007
Arrêt sur image…Une série de caissons téléviseurs…

A l’extérieur de chacun, au centre du verre de l’écran, s’inscrit le mot « Fin »,
Ou parfois, « The end ».
A l’intérieur, lorsque l’œil franchit cette paroi, s’étend une image de fin de film.
Celle d’un autre monde, inaccessible et protégé.

Dans un enchevêtrement de symboles de la nature et de substituts de tendresse,
Une vision diffuse la lumière, et ouvre sur l’infini et le verre. (1)

Arrêt sur image, ou des débuts du « bon usage de la lenteur ». (2)
Arrêt sur ces 45 images secondes.

Rêver, attendre, cueillir ces « lambeaux de rêves ». (3)

Ecouter, voir, suspendre le temps afin qu’il ne nous bouscule plus ;
45 images secondes et puis le mot « Fin », s’abandonner à la rêverie,
« Une matière d’être », un accès à l’être. (4)

Douceur, lenteur, paix, telle est la devise de la rêverie en anima. (5)


(1) Marielle Ernould-Gandouet
(2) Pierre Sansot
(3) Pierre Restany
(4) Gaston Bachelard
(5) Gaston Bachelard

“Fanfare II”

Le 19/06/2007
Ces dernières années, j’ai été très occupée, créant des œuvres neuves pour différentes expositions et commissions. Je me sens chanceuse d’être ainsi immergée dans mon obsession, mais je crois parfois que je mène une vie plutôt déséquilibrée. Si équilibre il y a, je dirais qu´il est, assez curieusement, dans le Contraste de styles de mes sculptures de ces dernières années.

Ma propre version de l´ « équilibre », dans ce cas-ci, est comme le point d´appui d’une balance sur laquelle les styles opposés ou les approches créatives pèsent également et reposent en suspension.

Ces dernières années, j´ai eu un double attrait pour les formes sculpturales représentatives et pour les abstraites, et je me trouve littéralement au « centre », également intéressée par deux approches stylistiques contrastantes. Je me suis également impliquée en créant des œuvres qui sont souvent des contrastes du point de vue de l’échelle (art public à grande échelle contre oeuvre sur piédestal de petite taille) puis des contrastes en termes de matériaux (acier inoxydable et granit contre acier doux, verre de fonte et bois). Je pense, en méditant sur le thème de cette année, que le « Contraste » a été une « fugue de fond » pour la majeure partie de mon travail ces dernières années.

Pour la pièce des Verriales cette année, mon approche en termes de style d’exécution, fut de la mettre en contraste avec la pièce de l´année dernière. Ce qui était représentatif est maintenant rendu de manière abstraite - mais dans les deux œuvres, mon espoir est qu´un sentiment semblable soit évoqué et qu´un élément du féminin passe visuellement, même pour la pièce abstraite. Je me suis amusée en jouant avec cette forme et, finalement, j’ai produit trois variations abstraites, une petite série de pièces dont Fanfare II fait partie. Dans ma sculpture pour l’exposition cette année, vêtement et figure, visage et fruits, de la précédente pièce, sont recréés sous une nouvelle forme qui dépend davantage du sentiment que du fait. Les matériaux utilisés sont les mêmes dans les pièces des deux années, mais les styles sont contrastés – afin de rendre une idée analogue, mais dans un langage visuel différent.

Scenario à Venus

Le 19/06/2007
Chemin de traverse

Tout en préparant l’exposition pour les Archives Départementales de la Ville de Digne, j’ai découvert un chemin de traverse qui s’appelle Vénus…

Serge m’avait évoqué l’étrange fascination de Michel pour la jeune femme de Milo, perdue au bout d’un interminable couloir du Louvre…
Je voulus m’en approcher en oubliant tout ce que je savais d’elle, renoncer à l’immense corpus de rêveries engendré par cette spirale de marbre, ne plus m’attacher à rechercher les chiffres cachés dans la douceur du buste, ou l’inquiète tension du visage…
Tantôt je touche à l’opacité d’une présence irrégulière et singulière, parfois je perds la belle inconnue au profit d’un ensemble de volumes géométriques délicieusement agencés, anticipation lumineuse d’une savante composition cubiste…

J’ai commencé à faire circuler le feu et le verre autour de cette contradiction, j’ai cherché dans des miroirs convexes à capter des reflets, j’ai projeté des citations précises qui se disloquaient doucement.

Je distends les certitudes de la beauté, plus que jamais, je cerne les ambiguïtés du  verre qui traque la part d’ombre et de lumière d’une icône immémoriale…


Lurs, Hiver 2007

Happy Day

Le 19/06/2007
Elle possède toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et toutes les odeurs du vent. Elle laisse le temps passer et prend son temps. Elle comble d’un sentiment joyeux que chaque instant peut apporter quelque chose qui nous surprendra et émerveillera.

Texte Ivo Kren, conservateur de la collection du verrre
VYCHODOCESKE MUSEUM  Pardubice

Contraste

Le 19/06/2007
Le Contraste est la dissimilitude ou la différence entre les choses. Une autre signification du contraste se trouve dans le contexte de la couleur. Cela peut être l´opposition des choses que l’on compare ou l´acte de les distinguer par comparaison des différences. Le contraste linguistique est l’expression des distinctions entre les mots.

Le Contraste est la différence des propriétés visuelles rendant un objet (ou sa représentation dans une image) distinguable d´autres objets et du fond. Dans la perception visuelle du monde réel, le contraste est déterminé par la différence de couleur et d´éclat de l´objet vis-à-vis d´autres objets se trouvant dans le même champ visuel. Puisque le système visuel humain est plus sensible au contraste qu’à la luminance absolue, nous pouvons percevoir le monde de la même façon indépendamment des changements très importants d´illumination au cours d’une journée ou d´un endroit à l´autre.

Fortress Mentality

Le 19/06/2007
Notre monde se compose de personnes différentes, indépendamment de la forme, de la taille ou de la couleur, nous sommes tous les mêmes.
Nous composons des mythes et des illusions pour marquer les différences entre nous et nous recherchons les différences où il n´y en a pas.
Nous essayons d’établir des contrastes quand il n´y a aucun contraste à faire.
Peu importe la façon dont vous essayez de tordre ou de déformer la figure humaine, de nous élever ou de nous dénigrer, sous la peau, nous sommes tous identiques.

Icône fendue

Le 19/06/2007
Le sujet évident de « Split Icon » est la bouteille de Coca-cola, une icône reconnaissable instantanément et distinctement américaine, si internationalement envahissante que ses connotations culturelles multivalentes sont devenues presque transparentes.
La bouteille de Coke dans « Split Icon » est un objet de culture matérielle recontextualisé dans le royaume de l´art : elle est un objet solitaire et unique, moulée à une échelle supérieure à celle de ses homologues réels, soigneusement sculptée et embellie à la main, puis déconstruite physiquement et conceptuellement.
La déconstruction physique des courbes voluptueuses de la bouteille de Coke « jupe entravée » attire l´attention sur ses caractéristiques anthropomorphes et son potentiel en tant que métaphore moderne de la forme humaine. La ressemblance visuelle avec une colonne classique, cassée en morceaux et avec une armature en tiges de fer rouillées, suggère non seulement que la bouteille de Coke est « classique », mais qu´elle partage des analogies anatomiques avec le galbe ou la courbure anthropomorphe des colonnes gréco-romaines antiques.
Le contexte central de la série « Global Icon » est la suggestion que la bouteille de Coke, le symbole le plus évident de l´influence globale envahissante de la culture et des valeurs américaines, représente un nouveau phénomène – le colonialisme commercial.
Le rapport complexe et réciproque constituant le discours culturel contemporain - dans une ère où les gens, les objets, et les idées dépassent les frontières traditionnelles - illustre la difficulté de fixer l´identité et la signification des objets qui sont continuellement assimilés et redéfinis selon de nouveaux contextes.
« Split Icon » et « Broken Icon » reproduisent partiellement l´aspect du modèle de la bouteille de Coke, mais, tordue et déconstruite en translation, cela déstabilise l´utilisation conventionnelle. Transformé en objet rituel façonné comme l´Aphrodite Callipyge hellénistique ou la Venus de Milo, cet hybride culturel sert de figure médiatrice à un nouveau contexte, global et interculturel.
La superposition de l´image de culte et, peut-être, la statue la plus célèbre au monde, la Venus de Milo, fournit une référence historique qui illustre graphiquement la nécessité humaine intemporelle de créer des images et des objets qui expriment et négocient notre rapport avec le monde.

Energie Coda 2007

Le 19/06/2007
Opposition, lutte, confrontation.

Contraste des matériaux : le verre, le plomb, du néon. Leur interaction.

Opposition des couleurs. Contraste des formes surtout : carrés, arrondis, à-plats, tubes.

Confrontation des matières qui sont parfois opaques, denses ou légères, transparentes souvent. C’est de tout cela que se dégage une énergie, des énergies parfois contraires mais toujours productives.

Le contraste pour progresser, pour se lancer des défis, pour se battre avec l’idée qu’on se fait du rôle de l’artiste. Être chercheur en art comme un physicien ou un mathématicien recherche et trouve dans la science. Creuser dans toutes les directions, toujours reprendre, s’interroger, se remettre en question. Se mettre en danger.

Les contrastes comme révélateurs d’une trajectoire et d’une cohérence.

H.C

XV Festival de jaunes et trois voiles blanches

Le 19/06/2007
Le verre est un plus dans ma vie depuis quelques 30 ans …
Vanité ou nécessité ?
… tout au plus un fil qui me relierait par quelque mystérieux processus à l’histoire des autres, un fil qui par moment m’empêcherait de voguer à la dérive.


Isabelle Monod - sept 99

Extrait texte exposition « Fin de siècle, fond de tiroirs, toupies et autres chimères »
Complément d’objet Oct. 1999

IDOLITO

Le 19/06/2007
William a toujours eu une personnalité complexe, sans doute parce qu’il est lui-même un grand homme de contraste. Dans un parcours artistique fascinant, un bon nombre de ses œuvres font éclater les contrastes de façon magistrale.

Il puise son inspiration aux sources des cultures et des civilisations les plus anciennes, en pénétrant à l’intérieur de leur mode de pensée et de leur tissu psychologique.Dans son art, il les sublime parfois de façon provocante, parfois avec discrétion, mais toujours avec justesse et talent.

Ses œuvres, il a appris à les mûrir longuement et l’envergure grandissante de sa réputation lui a permis de se concentrer sur les idées et l’excellence des réalisations.

Après une longue gestation, William met ses sculptures au monde très rapidement car il est un des rares artistes internationaux à utiliser la technique du soufflage du verre pour créer de véritables sculptures.

Nous avons là un contraste des plus intéressants, un talent unique, le cheminement de l’idée sur des mois, la réalisation sur des heures, la technique du soufflage pouvant provoquer une inspiration dans la seconde. L’œuvre ainsi créée montrera une spontanéité qui est la marque du génie et de l’art à l’état pur.

Serge Lechaczynski

Création

Le 22/06/2007
                            ESPRIT, MATIERE ET CONTRASTE

L’esprit peut-être le contraste de la matière et la matière celui de l’esprit… Mais l’un peut-il exister sans l’autre ???
Esprit et matière unis dans leur diversité et leur richesse donnent vie à la plus belle mélodie de notre existence : l’Humanité.
Puisque le contraste se nourrit de la différence, peut-on vivre l’un sans l’autre ? L’autre n’étant que le reflet et en même temps l’antithèse de nous-mêmes…
Terre-Ciel, Fini-Infini, Créé-Incréé, Stabilité-Mouvement, Obscurité-Lumière, Imparfait-Parfait….
Dans la perfection divine existe la matière et le feu pour un souffle d’Eternité….
À l’intérieur de la matière se cache le feu divin et le cœur de l’Homme pour donner naissance à la Création…
Dans l’Homme, retrouvons l’harmonie de l’esprit et la stabilité terrestre pour aller vers la pureté et trouver la Sagesse!!!
Contraster, pour mieux servir la différence de l’autre.
Contraste de formes, formes opposées, formes de base, différences de formes, tolérance entre elles, aucune en apparence n’a de lien avec l’autre, mais elles sont toutes issues du même Tout; ensemble elles servent la même cause : elles sont les symboles du langage universel qui unit notre Humanité, dans le même espoir d’Amour, de Tolérance et de Respect.

Susie’s Arabesque #3

Le 06/08/2007
L´Arabesque de Susie #3

Les travaux Cold Stream Cast constituent un moyen de permettre au verre de s’exprimer lui-même. Les pièces comportent le compte rendu (gelé) d´un jet continu de verre chaud réagissant aux conditions du moment. L´interaction sur elle-même de la ligne résultante crée un cadre tout en produisant une surface vive de possibilités optiques.

Cette pièce est une investigation de ces possibilités. La conception de la surface viens de Susie Silbert : son utilisation exubérante de couleur et motif correspond non seulement à l´énergie du verre mais définit également sa structure en tant que dessin.

Ohr´s Breeze

Le 06/08/2007
Mon travail se concentre sur la transformation de l´objet banal en poetica, c’est une étude de la matière, la transition perceptuelle et la peinture par la lumière, afin de produire des images sans densité ou substance réelles.