Verriales 2008

Depuis l’origine, les hommes ont appris que la lumière était source de toute vie sur notre planète. Les vénérations adressées au dieu Soleil furent
pendant des siècles le fondement de multiples
religions sur tous les continents.

Après avoir maîtrisé le feu, l’homme a aujourd’hui maîtrisé la lumière qu’elle soit cohérente,
monochromatique ou invisible aux limites du spectre.
Source de chaleur et de toute couleur, elle est si profondément associée à la vie et à la naissance qu’elle symbolise toujours dans notre langage,
l’essor de la pensée. Depuis le siècle des lumières, elle est synonyme de découverte, de compréhension, de révélation, d’illumination.

Dans les avancées de notre civilisation, la lumière a été le principal vecteur du développement de nos connaissances et de l’appréhension de notre
univers. Et le verre est le seul matériau qui a permis d’exploiter ses propriétés illimitées à commencer par tous les instruments d’optique qui nous ont
permis de pénétrer les secrets des deux infinis avec le microscope et le télescope. Galilée a pu ainsi
débuter l’étude du cosmos sans a priori métaphysique.
Sans le verre, la recherche et la science n’auraient jamais connu des progrès aussi fantastiques.
Et aujourd’hui encore, c’est bien grâce aux fibres optiques qui tissent notre monde que nous pouvons communiquer par Internet ou développer les nouvelles ressources des nanotechnologies.
Cet éternel duo que forment le verre et la lumière illumine au quotidien nos gratte-ciel et nos églises. Il est si unique et remarquable que j’ai proposé cette année aux artistes de concevoir leurs œuvres de verre autour du thème de la lumière source de vie.
C’est un véritable challenge que je leur ai demandé de relever pour les Verriales 2008 : que la lumière soit l’héroïne de leur expression artistique. Un thème éminemment osé et risqué qui les a conduits avec passion aux limites de leur talent créatif avec des efforts d’imagination qui nous laissent admiratifs.
Ils ont évité l’écueil de l’anecdote car à l’évidence le thème était un piège majeur pour des artistes
utilisant le verre comme moyen d’expression.

Dans ces œuvres d’art contemporain, la lumière se matérialise au travers de symboles de verre comme des torches ou des flambeaux ou accède à un mystérieux état de grâce dans sa danse magique avec le verre.
C’est un feu d’artifice qui illumine la Galerie par les jeux de formes et de matières, de transparences et d’opacités, de couleurs et de mouvements en fusion.
Le verre et la lumière jouent une symphonie achevée et silencieuse qui vibre à l’âme et nous transporte à trois cent mille kilomètres seconde dans les
profondeurs d’un imaginaire insoupçonné…

La Reine des Cœurs

Le 17/06/2008

La Reine des Cœurs

« Rien n’est juste et rien n’est gratuit. » Un des fondements de base qui ont régi sa vie et, plus tard,  la mienne aussi … Elle l’a souvent dit, comme si chaque fois était la première déclaration de quelque vérité importante qu’il fallait rappeler. J’ai souvent pensé : « Comment peut-on avoir autant d’histoires à raconter ? ». Elle était
généreuse en les racontant, rien à voir avec le silence cher à la religion quaker dans laquelle elle avait grandi. Elevée avec ses frères dans une plantation de pommiers en Nouvelle Angleterre, elle savait faire des ricochets et conduire un tracteur. Elle était loin d’être la débutante que sa mère imaginait. Le sexe n’avait pas de frontières, pas de limites. Il n’y avait rien qu’elle ne pût faire.
La liste, usée et déchirée, collée sur le réfrigérateur, guidait son activité quotidienne et était la mesure par laquelle elle jugeait si le Plan-A pourrait facilement se transformer en Plan-B. Les tâches accomplies étaient rayées sans cérémonie et les marques de crayon s’ajoutaient, comme de mauvaises herbes non traitées. La liste avait sa propre vie. Comme la sonnerie d’un téléphone, son seul mantra était la « chanson de l’utilité ».
Lorsqu’elle a postulé pour son premier emploi, elle a noté brièvement les informations principales et s’est
enthousiasmée dans la rubrique « divers » : Je peux traire une vache, changer un pneu crevé et chanter « I’m forever blowing bubbles »  en Latin ! Elle a été embauchée. Après 25 ans de vie en banlieue, elle a déclaré, sans fanfare, que les prochains 25 ans lui appartenaient. C’était aussi simple que ça. Elle a fait ses valises et mis le cap sur Amherst, une petite ville universitaire de la Nouvelle Angleterre où elle a acheté une vielle maison victorienne et a commencé sa nouvelle vie. À 55 ans, elle avait beaucoup vu, fait beaucoup de choses et savait plus ou moins tout ce qui fallait savoir – du moins, c’est ce qui nous a semblé. Elle a été extrêmement habile, très compétente, et a toujours fait ce qu’elle a dit. Toujours. Pour nous, Penrose était « notre mère à nous tous ». Sa présence a été souvent plus grande que la vie, lorsqu’elle nous a enseigné à ne pas ouvrir des bidons de peinture avec des ciseaux et puis la meilleure manière de faire la compote de pommes. Plus tolérante que gentille, elle nous a encouragé et a réussi à tirer le meilleur de nous-mêmes, essentiellement par son bon exemple.
A genoux sur le plancher de la boutique d’artisanat, armé de colle, de clous et de nouvelles semelles en
caoutchouc, j’ai levé mon regard et vu une grosse femme aux cheveux blancs, les lunettes complètement rayées mais les yeux scintillants et les joues roses. Ses mains étaient plantées fermement sur ses hanches dans une pose provocante, un peu comme la statue de David. Nous nous sommes rencontrés dans la boutique d’artisanat où les jeunes du campus se sont réunis, pour faire des ceintures en cuir, des bracelets argentés et des mitaines. « Penny » y a été le « grand chef », le dirigeant bienveillant et la reine de la cité de l’artisanat. Presque
dominatrice mais résolument auguste, comme Saraswati, la déesse hindoue de la sagesse, il émanait du fond de son âme, un regard de totale compréhension. Elle voyait clairement que je n’avais aucune idée de quoi faire de mes bottes de randonnée, vieilles et très usées, bien que j’aie agi comme si je le savais, j’en suis sûr. Ce qui l’a attirée c’était probablement la témérité de cette tentative de réparation de mes bottes pour mon voyage d’hiver sous la tente avec Danny. C’était le genre de chose qu’elle aurait fait, je suppose, aussi elle a semblé amusée par l’effort. « Qu’est-ce que vous faites là ? », a-t-elle dit. Puis elle a tranquillement soulevé un sourcil et m’a suggéré de revenir pour lui dire comment le voyage s’était passé. Une semaine s’est passée sans que je me montre. Elle s’est inquiétée – elle me l’a dit des années après - convaincue que mes nouvelles semelles avaient dû se détacher de mes bottes alors que je me trouvais perché dangereusement sur une falaise, dans les nuages. Ou pire... Quand je suis enfin revenu, elle fut manifestement ravie, un scintillement de soulagement dans l’oeil. Elle m’a invité chez elle pour le thé, un rituel que nous partagerions dorénavant durant de longues années.
Peu après, en ville, elle m’a pris dans sa voiture alors que je faisais du stop pour aller rendre visite à ma famille en Providence. Elle s’est arrêtée dans sa Mustang cabriolet rouge et m’a dit de monter. Elle était peut être sortie juste pour acheter un quart de lait, mais trois heures plus tard elle m’a déposé sur la route 95, à quelques pas de mon domicile, sur la 6ème rue ! En disant au revoir à la personne qui aurait finalement l’influence morale la plus profonde sur ma vie, j’ai épaulé mon sac à dos et je lui ai dit, « Je ferais n’importe quoi pour vous – il suffit que vous me le demandiez ». Elle m’a dit, en riant,  « OK, j’y réfléchirai ». Puis, sans faire d’histoires, elle a fait
demi-tour pour rentrer chez elle. Durant les 35 ans qui ont précédé son récent décès, elle me rappellera, de temps en temps, cette promesse, librement donnée.
Comme Superman, l’homme d’acier et le héros de ma jeunesse, Penrose est devenue pour toujours l’héroïne de ma vie. Elle est, et restera toujours, la gardienne de la raison - la voix que je cherche et écoute quand les
grandes questions pèsent lourd et que les réponses sont loin d’être claires. La reine des cœurs : une source
éternelle de la plus éclatante des lumières.

Skylight

Le 17/06/2008
Car le Dieu qui a dit que la lumière resplendisse au milieu des ténèbres, est celui qui a resplendi dans nos coeurs, pour faire briller la lumière de la connaissance de la gloire de Dieu en la personne de Jésus-Christ.

2 Corinthiens 4:6
(LSG)

Light : Absence and Presence

Le 17/06/2008
Lumière

Mon approche a toujours été de traiter le verre comme une matière transparente, parfois translucide. Refuser les qualités de transmission de la lumière soulève une question : « Pourquoi le faire en verre? Pourquoi pas en bois, pierre, métal ou plastique ? »
Explorant l´idée de lumière, j´ai choisi de produire deux pièces de dimensions identiques :
- l´une est taillée puis polie pour glorifier les couleurs de l´arc-en-ciel et pour exploiter les qualités du verre telles que la réfraction et la transmission de la lumière ;
- l´autre est taillée grossièrement puis peinte en noir pour bloquer le flux de la lumière à travers le verre.
Le fait de priver une pièce en verre, potentiellement belle, de la lumière, m´a procuré un frisson pervers, mais ce n´est pas une direction que je souhaite poursuivre. Aussi, je me pose une autre question :
« Dans cette pièce, quelle est la part du verre et quelle est celle de la lumière ? »

Vigil

Le 17/06/2008
Lumière, source de vie : pensées sur un thème

Un quart de siècle après les observations anatomiques de Léonard de Vinci concernant la vue des humains qui ont conduit à la conclusion que la lumière pénètre l’œil plutôt qu’elle n’en émane, Nicolas Copernic contesta la théorie géocentrique vaniteuse selon laquelle la planète Terre serait le centre de l’univers.
Aujourd’hui, au XXIème siècle, nous adhérons -unanimement– au principe héliocentrique que l’étoile Soleil est le centre de notre système solaire et que c’est grâce à sa proximité de la Terre que, en nous baignant de lumière et de chaleur, elle maintient la vie sur notre fragile planète.

Nous, humains, enfants du soleil, avons seulement à examiner l’histoire pour nous rappeler l’équilibre délicat entre la Terre, ses habitants et notre céleste gardien.
En 1816, réputée comme « l’année sans été », plusieurs centaines de milliers de personnes ont péri dans le monde par suite de températures glaciales, perte des récoltes et famine. Ces circonstances cataclysmiques ont été provoquées par la pire des éruptions volcaniques en 1600 ans, celle du Mont Tambora en Indonésie, laquelle a contaminé l’atmosphère de gaz nocifs et de cendres, bloquant les rayons du soleil et causant des effets dévastateurs.
De nos jours, dans ces temps aux technologies avancées, la planète est confrontée à un autre
phénomène climatique plus insidieux et potentiellement annihilant : son réchauffement. Les nations industrialisées continuent à vomir des gaz à effet de serre, enveloppant le monde dans un voile qui retient les rayonnements. Les températures et le niveau de la mer montent, les saisons et les
écosystèmes sont irrévocablement touchés, exacerbant les problèmes d’un monde déjà surpeuplé et déchiré par la guerre, un monde qui se bat pour des ressources naturelles réduites.

Ayant récemment entrepris des recherches sur ces questions climatiques historiques et contemporaines, je me suis pris de passion pour les images intensément puissantes des « fontaines en feu » d’une hauteur de 450 000 kilomètres sur la surface du soleil, qui m’ont donné l’idée d’explorer le pouvoir physique et symbolique du feu en direction de la terre.
J’ai associé les matières, nées de ce feu, de façon appropriée, incluant céramique et verre, pour créer des concepts figuratifs qui évoquent les souvenirs des anciens temps et les civilisations du passé.
Les gardiens de la flamme se présentent sous différentes formes, tels un roi assiégé, un loyal
guerrier et un sorcier qui, respectivement, affrontent et exploitent les propriétés et les connotations destructrices, ritualistes et mystiques du feu.

En de nombreux points, la vitalité du feu évoque la condition humaine autodestructrice, par le fait que toutes deux sont destinées à tout consumer autour d’elles, dans un effort d’autoperpétuation et que, à partir des cendres inéluctables, jaillisse la possibilité d’une nouvelle vie et de la Lumière.
Mes personnages sont donc le simple écho de mon propre désir de m’épanouir dans une époque
précaire et de m’abriter de l’inconnu sombre et menaçant.

Opt

Le 17/06/2008
« La Lumière » fournit le catalyseur, ou le langage, grâce auquel nous définissons « le Verre »
en tant que matériel d’art.
Dramatique ou subtil,  il nous informe, en fin de compte, à travers la fusion des deux comme notre entrée visuelle.

Glaze (2002)

Le 17/06/2008
Au cours des quatre dernières années, mon travail en atelier s´est concentré sur la création de
moulages en verre à grande échelle qui, thématiquement, font allusion à la "saisie de la lumière".

L’un des nombreux mystères de la lumière est qu´elle refuse tout révélation de son essence jusqu´à ce qu´elle se réfléchisse à partir d’autre chose qu’elle-même.

Par exemple, le phare d´une voiture projette de la lumière sur des objets, mais il faut qu’il y ait de la brume dans l’air pour qu’on puisse voir la forme et l´arc du faisceau.

"Solar Gods" detail of "Solar Temple of Divine Love".

Le 17/06/2008
L’ultime métaphore est peut-être la lumière elle-même. Dans mes sculptures, comme dans beaucoup d’œuvres d’art à travers l’histoire, elle symbolise la manifestation visible du divin dans notre monde. Par exemple, les halos et les auras sont des effets de lumière qui émanent d’une personne ou d’un objet, et des signaux visuels interculturels du pouvoir et de la spiritualité.

Parce que la lumière ne paraît pas avoir de masse réelle, elle semble magique, l’énergie n’ayant aucun apparence physique. Nous voyons son effet sur les plantes et les animaux et, de notre cœur à nos
tripes, nous ressentons une joie humaine et universelle d’être au soleil. Si Dieu est la nature, la lumière est certainement « le moyeu de cette roue ». La lumière permet la perception visuelle ; les phénomènes de transparence et de réflectivité donnent parfois l’impression que le verre, en tant que médium, est la lumière elle-même.

Dans Solar Temple of Divine Love, je place la pratique millénaire d’adoration du soleil dans le contexte de la notion classique de personnification de la nature, donnant un visage humain à ce qui inspire la peur. En ce qui concerne cette sculpture, l’ambre et le verre couleur miel doré fusionnent dans
l’expression contemporaine de « lumière blanche », évoquant une image tridimensionnelle de l’amour et de la lumière.

Les marches du paradis

Le 17/06/2008
Le pont, la porte et la fenêtre sont des motifs fréquents dans les peintures et les sculptures de verre de Bohumil Eliás. Pour l’auteur, ils signifiaient la séparation entre le monde de notre réalité et un monde ouvert à des dimensions inimaginables.
Le lieu et le moment de l’invitation et de la décision de partir vers un monde inconnu, c’est aussi le sujet de « l’Escalier au ciel ». Couche par couche, de la base au sommet du monolithe de verre, nous voyons croître l´intensité de la lumière et sentons l´espace se libérer. La sculpture s’ouvre telle une voie, invitant à s’envoler vers le ciel... et plus loin encore.


Le temps d’attente

Le 17/06/2008
Sur de nombreux tableaux de la Vierge, on trouve une femme portant le message de l’arrivée attendue de l’enfant, entourée d’une lueur extraordinaire. Cette lumière douce n’a pas de source extérieure
visible. Elle vient de l’obscurité vers notre monde au travers de la nouvelle vie. Et cela se renouvelle sans cesse. Essayez un jour de regarder avec attention et amour une femme, future mère, quand elle
s’arrête, fatiguée, attendant silencieusement le moment douloureux et doux de la transformation.

Texte Ivo Kren, Conservateur de la collection du verre Vychodoceske Museum Pardubice

Still alive Fleuve et Stele - Médusa XXXIV

Le 17/06/2008
« La lumière, c’est le temps, mais l’espace, c’est la couleur. »

Gilles Deleuze - Logique de la sensation

Analogie

Le 17/06/2008
« Ce sont les mots qui existent, ce qui n´a pas de nom n’existe pas.
Le mot lumière existe, la lumière n´existe pas. »
Francis Picabia

“L’Homme collectif et la Lumière“

Le 17/06/2008
La Lumière révèle la bêtise humaine ainsi que la sagesse. Anatole France dit que la bêtise est plus
tragique que la méchanceté, car la méchanceté peut s’arrêter de temps en temps, mais la bêtise
subsiste à jamais.

L’homme collectif pense être parfait. Mais celui qui se croit parfait parmi les élus doit être très orgueilleux. Cependant, sa conviction sur sa propre perfection ne repose pas sur la naïveté, ne fait pas partie intégrante de sa personnalité; elle n’est que pure vanité et se présente comme quelque chose de douteux, fabriqué, chimérique. C’est pourquoi l’homme orgueilleux a besoin des autres, il veut confirmer à travers eux son image créée par lui-même.
Ce sont les pensées de José Ortega y Gasset exprimées dans son livre intitulé La révolte des masses.

Démontrer l’absurdité et la « banalité » des idées développées à propos de la lumière, démontrer en même temps que la lumière peut également véhiculer des pensées philosophiques aux masses, à l’usage quotidien : ça c’est un véritable défi !

Le Meilleur Fils

Le 17/06/2008
Le meilleur fils

Une histoire éthiopienne nous montre un vieil
homme qui, sur le point de mourir, appela ses trois
fils et leur dit :
« Je ne peux pas diviser en trois ce que je possède.
Cela laisserait trop peu de bien pour chacun de vous.
J’ai décidé de donner tout ce que j’ai, par héritage, à
celui qui se montrera le plus habile, le plus intelligent.
Autrement dit : à mon meilleur fils. J’ai posé sur la
table une pièce de monnaie pour chacun de vous.
Prenez-la. Celui qui, avec cette pièce de monnaie,
achètera de quoi remplir la case, aura tout. »

Ils partirent. Le premier fils acheta de la paille, mais
il ne parvint à remplir la case que jusqu´à mi-hauteur.
Le deuxième fils acheta des sacs de plumes, mais
il ne réussit pas davantage à remplir la case.

Le troisième fils -qui eut l’héritage- n’acheta qu’un
seul objet. C’était une bougie. Il attendit la nuit,
alluma la bougie et emplit la case de lumière.


Jean-Claude Carrière
Le cercle des menteurs
Contes philosophiques du monde entier

Lumière du Nord

Le 17/06/2008
A dos d’âne la première fois

Deir- el- Bahari…Montagne de la reine Hatchepsout…
J’ai découvert ton mausolée à dos d’âne la première fois….
Le guide nous avait menés par le sentier de la montagne ;  la révélation fut brutale, absolue… Une cascade de pierre qui ruisselle de la falaise ; ici,souffle tellurique et forces cosmiques sont les membres d’un grand corps unique.
Nous nous sommes attardés si longtemps sous les arcades orthogonales….Terrasses foudroyées de
chaleur, plans inclinés qui te portent en douceur d’une vision à l’autre… Le soleil déclinait…
Rolland discutait avec les gardiens, je me glissais dans la chapelle… Les pierres devaient témoigner ta splendeur, ton existence pour des millions d’années : elles avaient été creusées,usurpées, recouvertes de signes… Ils avaient martelé ton nom, ton visage, ta mémoire…
Mais nous t’avons retrouvée le soir même dans le gigantesque chaos de Karnak .
D’une beauté telle, ton obélisque irradiait dans la nuit, tes pires ennemis n’avaient pu se résoudre à le détruire !
Rien n’arrête une lumière qui surgit.
 
Louqsor-Lurs
mai 2008
Raymond Martinez.

Still life

Le 17/06/2008
De merveilleux miracles de la nature ont lieu tous les jours, partout autour de nous. Souvent très
discrets ou totalement cachés.
Dans la lumière et la chaleur des rayons du soleil poussent les fruits. A partir de minuscules germes, ils grandissent petit à petit, déploient leurs formes sous différentes surfaces d’écorce pour se
transformer - résultat de cet impressionnant processus de création, en une oeuvre sculpturale et
colorée de la nature. Ils prennent des milliers de formes – joyeusement décoratives, bizarrement
grotesques, élégamment pompeuses, ainsi que monumentalement impressionnantes.
Probablement comme l’expression d’un humble remerciement à leur « co-créateur », nombre d’entre eux cachent une image du soleil.

Texte Ivo Kren, Conservateur de la collection du verre Vychodoceske Museum Pardubice

2008.1 rectangle verso

Le 17/06/2008
« Du thème de cette année, je garde la lumière et la couleur »

Isabelle Monod
1/5/2008

Amulet

Le 17/06/2008
« Le processus de soufflage du verre rend très humble et je suis toujours reconnaissant de ce que je peux oser sans échec. Le soufflage du verre est la chose la plus proche de l´alchimie que je connaisse. »
- William Morris


Pendant plus de vingt années, William Morris a captivé et intrigué la communauté artistique avec
ses sculptures en verre, belles, évocatrices et agaçantes. Il a capturé maintes et maintes fois
l´imagination en créant les objets qui semblent être des sculptures antiques de pierre ou de bois, et non ce qu´ils sont réellement, des sculptures en verre contemporaines. Son art parle des origines humaines, du mythe, des ancêtres et des civilisations antiques. Il symbolise une harmonie entre
l´humanité et la nature et fournit un lien spectral avec le monde qui nous entoure - un monde souvent oublié, ignoré et maltraité.

Morris puise une grande partie de son inspiration dans des cultures anciennes, dans les mondes
égyptiens, asiatiques, amérindiens : tous les peuples qui ont respecté et admiré la terre où ils ont vécu. Pour cette raison, l’œuvre de Morris appartient à lui seul, culturellement distincte mais familière à toutes les cultures. Ses sculptures incarnent une qualité spirituelle mettant en opposition les
vieilles croyances et celles du monde moderne. Ces objets parlent à nos sens, nous priant de les explorer d’avantage.

la vie rêvée des anges

Le 17/06/2008
Avant elle, rien n’existe. Il y a juste quelque chose derrière.

La lumière est abstraite, la vie aussi.

Les trois coups retentissent, le rideau s’ouvre sur le vide.

La lumière s’allume et éclabousse un décor de théâtre où des œuvres inanimées donnent soudain à la fiction l’apparence de la vie : « la vie rêvée des anges ».

lluminated Axial Field

Le 17/06/2008
La lumière c’est l’énergie.
La lumière c’est la vision.
Ce qui m’intéresse, c’est comment se révèle la lumière dans les matières, qu´elles soient naturelles ou bien créées par l’homme.

Ainsi la lumière n’est pas le verre. La lumière est l’énergie qui se révèle dans le verre. Le verre est la matière intermédiaire.
 
Le verre et la lumière sont des vues collaboratives de l’esprit.

Section 1

Le 17/06/2008
Je cherche dans la brume pour y trouver la signification, pour deviner des formes à partir du brouillard. Je souhaite faire des objets qui incarnent la lumière, qui rougeoient avec la brume de la création, qui tiennent compte de la perception des espaces intérieurs et extérieurs simultanément, avec la matière comme une atmosphère de substance et de détermination. J´ai voulu conjurer l´atmosphère, sculpter avec les nuages.

Le miroir du Mont Palomar, qui prête sa forme à ces pièces, aurait été le plus grand collecteur de lumière de l´histoire, ayant pour but de nous livrer les secrets de l´univers. L’histoire de sa fabrication est celle d’un triomphe, pénible et long, sur le matériau, le processus et l’échec.

Cette pièce, Section 1, Detail 1, est une petite partie du miroir de Palomar de 500 cm. Elle est à l’échelle 1/3 et montre certains détails : une des 36 cavités du montage, le moule de brique et la structure du coeur.

Cette série est dédiée - en reconnaissance et en hommage - à tous ceux qui ont surmonté les limites de ce matériau séduisant qui ne pardonne pas.

Enlightenment N° 3 (Nike of Samothrace)

Le 17/06/2008
E-clair-ci-ssement

Le fait d’éclairer.

Croyance philosophique dans le pouvoir du raisonnement humain sur les innovations des doctrines politiques, religieuses et éducatives.

Apporter la lumière, intellectuelle ou spirituelle, afin de transmettre la connaissance.

The Envy of Others II

Le 17/06/2008
Dans mon travail, je suis toujours à la recherche des analogies et des métaphores ; aussi, sur la base du thème de cette année, j’ai décidé de prendre comme point de départ la relation entre le soleil et la lune et de voir où cela me mènerait.

J’ai analysé leur relation : le soleil en tant que toute puissance, source de lumière et de vie sur notre planète, origine des premières religions, généralement considéré comme bénéfique et, en contraste, la lune, toujours dans l’ombre du soleil, revêtant de sombres connotations en relation avec la folie et les méfaits du cœur de la nuit, rarement vue comme une bonne chose.

En fait, les deux jouent un rôle important dans nos vies.
Ainsi, cette relation m’a fait penser au désir et à l’envie du pouvoir et de la richesse des autres,
souvent irraisonnée. Nous avons tous notre rôle à jouer dans la vie et ne pouvons que très peu
intervenir sur nos différences. Aussi, l’envie peut vite devenir une vaine occupation, gâchant la plus grande partie de notre temps.


David Reekie, Mai 2008

Leaf

Le 17/06/2008
J´ai choisi d´interpréter les deux aspects du thème, la Lumière et la Vie, séparément.

Pour la Lumière, j’ai utilisé l’image familière des livres exprimant la lumière de la connaissance. Moulée en un grand bloc de livres, cette pièce explore les éléments figuratifs et abstraits des versions positives et négatives de la même forme.

J´ai exprimé la Vie en moulant la forme d´une grande feuille. Je tiens à remercier les responsables du projet Eden (Cornouailles, Angleterre) qui m´ont généreusement permis l´accès au fabuleux Biotope Tropical où j´ai trouvé la source d’inspiration de cette pièce.

Blind Baggage

Le 17/06/2008
Concernant le mot « lumière », ce qui est évident par rapport au verre c’est l´aspect visuel : ce que le verre contient, reflète, transmet, transcende. Mais il y a beaucoup d’autres sens au mot « light »,  y compris une référence au poids, à un état mental ou émotionnel, à un moment de la journée, à une situation météorologique, à un état de connaissance, à une qualité de la beauté.

Pour les Verriales de cette année, j´ai abordé ces deux derniers concepts dans des sculptures contrastantes :
 
L’une est une pièce sur la connaissance, l’éducation, l’apprentissage - et ce qui pourrait se produire si ces études sont rompues ou censurées. Le résultat peut être l´opposé de la lumière (ou de l´éclaircissement) et cette œuvre est à la fois un avertissement et un commentaire sur cette potentielle « obscurité » de l´esprit. C´est une pièce sur l´importance de la pensée critique et d’une vie d’apprentissage, de manière formelle ou informelle.

La deuxième pièce élimine ces questions pesantes et se concentre sur la relative simplicité de la lumière et sa beauté dans le verre et la nature. C’est une œuvre qui ne cherche rien de lourd ni de
compliqué, faisant simplement ce que le verre fait si naturellement : l’absorption et la transmission de la lumière. C´est également une œuvre  « légère » dans sa signification : je voulais qu’elle soit
simplement « un plaisir pour les yeux » et une sorte de mémoire collective de l’expérience de la beauté naturelle du monde.

TRUTH
is the
first casualty
of
WAR

Plasma volant

Le 17/06/2008
La vie naît dans le vide des ténèbres. Un plasma ardent vole au travers des profondeurs de l’univers obscur d’une indifférence glaciale. Un témoignage de nouveaux événements ayant eu lieu il y a un temps infini, dans des espaces infinis. Un flambeau en route quelque part dans un espace sans nom, avec la mission d’allumer une poussière pour que naisse la vie.

Texte Ivo Kren, Conservateur de la collection du verre Vychodoceske Museum Pardubice

Journey

Le 17/06/2008
Le verre a joué un rôle primordial dans notre société industrialisée. Il contribue à l’éclairage de nos villes, transmet nos voix, nos images et nos données numériques, baigne nos maisons de lumière et d’images venues d’ailleurs.
Pourriez-vous imaginer vivre dans une pièce sans fenêtre ? – Dérangeant voire insupportable. Nous avons un besoin vital de la lumière du soleil ; elle est nécessaire à notre survie.

Nous travaillons ensemble depuis vingt-huit ans et nous mesurons notre chance de pouvoir créer des oeuvres d´art en verre.

Pour les Verriales de cette année, nous avons choisi de faire une fenêtre et d´y mettre la touche de
paysage rural qui entoure notre quotidien.

Comme la colline derrière notre maison fleurissant d’iris miniatures, la nature a toujours été la force motrice de notre travail.

Récemment nous avons évoqué et représenté les souvenirs de ce long voyage que nous faisons : tous ce qui change et tout ce qui reste.

Notre fille, Rachel, doit choisir quelle université elle préfèrerait cette année. Sur la route pour visiter l’un des campus, nous avons dépassé une colline et sommes  tombés sur le panorama incroyable d´une vallée, d´un fleuve et des montagnes.
A ce moment-là, notre tâche pour les Verriales 2008 est devenue claire : donner à cette vision une vie en verre.

Ouvrir l’œil

Le 17/06/2008
La lumière… un des sujets les plus complexes dans l’art du Verre.
Ce matériau composant à la fois la lumière est lui-même de lumière composé.
Aussi, il est bien délicat de trouver le moyen d’accentuer encore ces propriétés.
J’hésitai entre le cristal, le verre coloré, le sombre ou le clair…
Finalement je me suis décidé pour le verre coloré avec des détails profonds qui soulignent le
changement de lumière en fonction de la puissance de la matière.

Je continue encore mes recherches sur d’autres solutions liant verre et lumière, une problématique qui m’attire de plus en plus…

Ales Vasicek Prague Avril 08

Flashlight

Le 17/06/2008
Petit trait de caractère

Depuis très longtemps, Janusz manie avec brio la métaphore, lui permettant
d´aborder avec force et conviction tous les sujets qui le préoccupent.
L´humour peut parfois s´inviter dans ses créations sans jamais tomber dans
l´anecdotique.
Le mot concession, dans ses réalisations, semble proscrit.
Flashlight en est un lumineux exemple.

Serge Lechaczynski

Magritte´s Seed

Le 17/06/2008
James Watkins invoque le classicisme moderne dans ses études des valeurs monochromatiques qui jouent - en connaissance de cause - avec l´attente iconographique.

Ses sculptures transforment les objets usuels en masses et plans translucides.

Les objets familiers deviennent curieusement évanescents, comme des formes fantômes traduisant des images sans « réelle » densité ou substance.

Fugaces dans leur translucidité, ni suffisamment brillantes pour être du verre, ni suffisamment éphémères pour être de la glace.

Elles fonctionnent comme une transition matérielle et perceptuelle - une présence qui ne l’est presque pas - mais qui sert de médiateur entre deux et trois dimensions.


B.C.

Window

Le 17/06/2008
Serge nous a encore lancé un défi avec un sujet intéressant mais si étendu qu’il est difficile de le réduire à une seule idée.
L’emploi d’une matière tellement sensible à la Lumière aurait dû simplifier la tâche – mais cela n’a pas forcément été le cas.
Après nous être gratté la tête, puis avoir regardé dans le vide et discuté, d’un simple mot a surgi
l’inspiration : Fenêtre.



Et donc,
nous ouvrons une fenêtre,
pour faire la lumière
ainsi qu’un lien par l’esprit
entre deux personnes.

SEPIA III Nr.1

Le 17/06/2008
Lumière – Temps – Espace – mes pensées vont à Albert Einstein

Dream 08

Le 17/06/2008
Le professeur Josef Svoboda, architecte et décorateur de théâtre mondialement connu, a écrit dans mon catalogue :
« Dana,
Essaie de capturer la lumière, tente de la comprendre et discipline-la ! »
Et  j’essaie…

La lumière à l´œuvre

Le 17/06/2008
En feuilletant le remarquable catalogue édité par la Galerie Morave de Brno, intitulé « Ejhle Svetlo » (Look Light), et en méditant, entre autres, la création de Thomas Wilfred, je retenais ces quelques lignes :

«La lumière est l’expression silencieuse et universelle de la plus éminente force que nos sens puissent appréhender. Cependant, il ne semble pas logique de concevoir l’usage esthétique le plus noble de la lumière uniquement en cette perspective, mais bien plus, dans le désir humain que la lumière a toujours symbolisé – le désir d’une réalité plus intense, d’une conscience cosmique.»

Il va sans dire que j’adhère profondément à cette prise de position et que ma création en est le
témoignage le plus sincère. Je reprends alors un texte écrit en 1995. Et je n’ai rien à ajouter…

« Des ténèbres jaillit la lumière. Extraordinaire scintillement au cœur non seulement de notre univers mais de l’univers des univers. Résultent-elles du nombre incroyable des hasards, ces lignes de fuite qui ordonnent l’espace, le temps ainsi que l’énergie créatrice du monde ? C’est du tréfonds de l’univers que nous parvient cette lueur, symbole virtuel de projection vers le futur. Le verre, en tant que matière
transcendée révèle la lumière jusqu’alors celée, clé de l’Univers, expression de sa propre unicité. »

Thomas Wilfred
Cité: Otto Piene, Story of light - Night and Day/ Ad infinitum

L’arbre I

Le 17/06/2008
Avez-vous déjà vu le coucher du soleil dans une forêt d’automne ?
Les lignes graphiques des branches, des rameaux et des pousses tourbillonnent dans les ténèbres du
crépuscule. Dans une danse fascinante, ils tissent des liens au sein d’une mosaïque de surfaces colorées changeantes et insaisissables. Des troncs d’arbres s’élèvent au-dessus du fouillis de broussailles pour servir de supports aux ténèbres des cimes tels des voûtes de cathédrales gothiques. Ce n’est que par des fentes que les dernières raies de lumière y pénètrent, comme des messagers porteurs d’espoir ensoleillé, doigts de Dieu touchant la terre sous nos pieds.

Texte Ivo Kren, Conservateur de la collection du verre Vychodoceske Museum Pardubice

Mystery

Le 17/06/2008
La lumière crée la vie