Verriales 2012

Découvrez la nouvelle exposition à partir du 6/7/2012
Le verre occupe une place unique et irremplaçable dans l’univers de la création artistique contemporaine. Ce matériau, inventé il y a plus de 5 000 ans par le génie humain, se caractérise par son passage de l’état liquide, à haute température, à l’état solide à la température ambiante. Il peut ainsi être façonné et sculpté, à chaud et à froid, de l’intérieur comme de l’extérieur, dans l’infinité des formes tridimensionnelles imaginables et s’associer à tous les mélanges possibles avec les couleurs du prisme, pouvant même nous suggérer la quatrième dimension.

 

Le verre est un matériau parfaitement approprié pour la sculpture, s’unissant de façon définitive ou temporaire à d’autres matériaux de trois dimensions. Il est l’élément idéal pour explorer et créer des œuvres d’art Mixed Media ; les constructivistes russes, au début du XXe siècle, ne s’y étaient d’ailleurs pas trompés.

 

C’est en se solidifiant après sa fusion que le verre ouvre une voie royale à la fantaisie de l’artiste, pour intégrer au cœur de son volume d’art d’autres éléments de son choix qui appartiennent tout simplement à notre univers et créer une sculpture complexe et surprenante, tant sur le plan technique qu’esthétique, toujours dirigée par un esprit créatif, pointu et rigoureux. A contrario, d’autres travailleront le verre à froid, osant des associations d’une simplicité désarmante mais souvent délicate à réaliser.

 

Ainsi, l’art du verre Mixed Media peut associer aujourd’hui, dans sa masse sculpturale, des éléments aussi divers et différents que le granit, le bois, les végétaux, l’or, l’argent, le bronze – ou tout autre élément de la nature ou de notre civilisation – qui peuvent inspirer ou stimuler le génie créatif de l’artiste. La maîtrise totale des techniques, des procédés et des outils utilisés pour aboutir à la création de sculptures de verre, permet aujourd’hui aux artistes d’explorer avec la passion de la découverte, ces nouvelles perspectives que le Mixed Media apporte à la palette fertile de l’expression artistique.

 

Dans ces œuvres en trois dimensions, les artistes nous surprennent par leur capacité à réunir l’impossible avec l’improbable, l’inattendu avec l’inespéré.

 

L’exposition Mixed Media des Verriales 2012 est aussi unique qu’universelle car elle rassemble les œuvres d’art de trente artistes internationaux, engagés pour cet événement sur les chemins de la plus haute liberté artistique comme des explorateurs visionnaires du monde de l’imaginaire, de l’émotion et des sensations.

 

Le thème Mixed Media a déjà été abordé lors des Verriales en 1999. Je trouvais particulièrement intéressant de soumettre de nouveau les artistes à ce thème pour ressentir leur évolution et leur parcours artistique.

 

Ainsi, leurs œuvres Mixed Media 2012 enferment, au plus profond d’elles-mêmes, non seulement le sublime secret de leur humanité – cette éternelle dimension de l’art – mais également une part très intime de leur histoire et de leur relation avec l’art.

 

Nous leur adressons notre infinie reconnaissance.

Serge LechaczynskiJean Eskénazi

 

 

Vive le Pamplemousse

Le 13/06/2012
Pendant des jours, Marcel avait été assez distrait, songeur et lointain, déplaçant des documents d’un côté à l’autre de son bureau sans savoir pourquoi. Une fois de plus, le concours des meilleurs talents de la société approchait vite et Marcel était dans tous ses états. Il s’était douloureusement rappelé sa cuisante défaite de l’an dernier, surtout lorsque Monique avait rapidement traversé son bureau en lui souhaitant bonne chance pour le concours de cette année. Il avait souri d’un air approbateur mais il avait la rage au cœur. 

C’est vrai… il avait remporté le deuxième prix et tout le monde l’avait acclamé, mais ce n’était qu’une maigre consolation. Il avait placé tellement d’espoirs dans ce premier prix, pour les voir tous anéantis, encore une fois, par l’arrogante Monique et son maudit caniche Fifi. Oui, il avait été un perdant aimable et poli mais, au fond de lui, il ne pouvait penser à rien d’autre qu’à un nouveau tour d’équilibre qui éblouirait la foule.

Marcel était sous pression et il était loin d’être sûr de pouvoir se ressaisir. « J’ai vraiment besoin de quelque chose de spécial » dit-il au chat roux le soir chez lui. « Un certain je-ne-sais-quoi » … mais il n’avait aucune idée de ce que ça pourrait être cette fois. 

A son retour de la pâtisserie de Madame Sophie, son nouveau numéro est devenu remarquablement évident. Au cours du petit déjeuner, il ne pouvait plus attendre. C’était le moment, il le sentait. Avec une confiance renouvelée, il a grimpé lentement sur la table de la cuisine puis, délicatement, lui-même en équilibre sur dix tasses de thé et un pichet de lait, il a mis la baguette sur son doigt avec sa tasse de thé, la bouilloire, son délicieux croissant frais et puiiiiiiiiis l’œuf.  Au concours l’an dernier, l’œuf lui avait brillamment réussi – le clou de son numéro. « Oh non ! » cria-t-il, en tombant par terre bruyamment avec tout son attirail. 
Le chat roux leva la tête de sa chaise sans se montrer étonné du résultat.

Cette nuit là, Marcel dormit d’un sommeil agité. « Je suis un loser » marmonna-t-il avant de s’endormir. Dans ses rêves, le chat roux lui suggère d’essayer avec un pamplemousse pour plus de stabilité et d’équilibre. Il se réveilla ruisselant de sueurs froides, mais ravi de cette nouvelle idée. 

Une fois de plus avec concentration et sang-froid, il monte – et monte encore – la baguette, la tasse de thé, la bouilloire, le croissant et l’œuf bouilli. Le moment crucial approchant, il retient son souffle. Dans un exploit sans précédent d’agilité et de grâce, sous pression, il lance le pamplemousse et voilà… « JE L’AI FAIT ! » dit Marcel à haute voix. Ajoutant au spectacle, Marcel sauta en l’air et fit seize pirouettes parfaites avec l’habileté d’une danseuse étoile, atterrissant parfaitement à côté du beurrier.
Un long silence : la foule retenait son souffle. Puis, des cris de joie éclatèrent ; la foule était folle de joie. « C’est merveilleux !» hurlaient-ils, tandis que des douzaines de roses rouges couvraient la scène. « Vous êtes fantastique ! » Même Monique et Fifi étaient impressionnées. Sans laisser tomber une seule miette du croissant, Marcel avait réussi l’inimaginable. 

Le chat roux ouvrit un oeil lorsque la bouilloire s’écrasa au sol, mais le referma et rapidement se rendormit.

Seer

Le 13/06/2012
La pièce, que j’expose cette année pour le thème Mixed Média, s’intitule Seer et fait partie de ma série Palomar, inspirée de la construction - dans les années 1930 et 1940 - du télescope Hale au réflecteur de 200 pouces. 

Elle est composée de verre et de métal, mais je considère également la lumière comme un de ses matériaux. La pièce est une allusion au composant photographique de l’astronomie.

Torso

Le 13/06/2012
Echo

In today’s hurried time we very often forget the things that could make us happy: the Echo series objects will remind yourself when you walk around.

For Verriales 2012 – Mixed Media – I decided to combine glass objects with interactive elements and invited established experimental design artist Prokop Bartoníček [www.prokopbartonicek.com] to cooperate.

Notes

Le 13/06/2012

… et en ajoutant du béton, on a plus de verre.

 

 

Faithful Maid

Le 13/06/2012
« Élargis l´espace de ta tente; Qu´on déploie les couvertures de ta demeure: Ne retiens pas! Allonge tes cordages, Et affermis tes pieux! 

Car tu te répandras à droite et à gauche; Ta postérité envahira des nations, Et peuplera des villes désertes. »

Esaïe 54:2-3 

Citadel of the Prism II

Le 13/06/2012
Dans mon imaginaire
Une tour magique 
Aux tonalités de l’arc-en-ciel
A hanté mes rêves
Durant un an.

Au cours d’une saison, 
Le rêve devint enfin réalité : 
Doux spectre des briques dures
Emanant de la pierre noire. 
Le mystère de bâtir en verre…

- Mary Lynn White

Controlling Chaos

Le 13/06/2012
Qu’est-ce qui incite un artiste à choisir de travailler avec telle ou telle matière ? Est-ce la perpétuation de sa formation académique et de sa tradition culturelle qui fait office de force motrice initiale ? L’influence des forces du marché, ou le besoin d’un artiste de rejeter les conventions et d’adopter l’innovation, peuvent avoir un effet dominateur sur sa prise de décision et sa réponse créative. Peut-être cela se réduit-il simplement à la facilité d´emploi, le moyen d’aboutir à un résultat expressif et au succès évident de la communication esthétique et symbolique.

Tous les procédés tels que modelage, sculpture, coulage et assemblage sont amplement utilisés dans une seule de mes pièces. De surcroit, le fait d’être intrigué par l´effet de la luminosité, l´opacité et la couleur, ainsi que mon désir de dépeindre les surfaces de textures riches, m’ont poussé à étudier les média céramique et verre. Mes derniers narratifs tridimensionnels sont, je l’avoue, le résultat d’une personnalité psychologiquement complexe dans un environnement de travail oppressant, parfois restrictif. Cependant, malgré les circonstances difficiles et l’intensité de travail que requièrent les différents procédés, je veux - et je peux - créer des objets d’art non pas par facilité, mais par nécessité.

Controlling Chaos présente au spectateur un mélange surréaliste d’éléments figuratifs et architecturaux dans un cadre aride et caillouteux. L’élément central est un escalier en céramique reposant sur un sol fragile et fragmenté. Cet escalier, qui ne mène plutôt nulle part, joue le rôle d’une sorte d’autel rituel pour une tête pleine de cailloux. Seule et immobile, la tête en verre scrute son environnement, surveillant l’amoncellement et le stockage des mêmes obstacles de pierre que ceux qui contaminent son crâne. La présence de pierres constitue un motif familier récurrent pour suggérer un lien personnel et d’innombrables références symboliques. Elles pourraient représenter le mandat accordé à l´humanité pour manipuler notre environnement terrestre, imposer l´ordre et effectuer des changements au sein de la confusion et de la tourmente. Le rassemblement de tels fragments peut également être assimilé à la compréhension de son propre passé, des occasions manquées et de la prédominance du disfonctionnement sur le progrès. La seule voie de sortie et de répit est la porte sous l´escalier, invitant à entrer mais obstruée. Cependant, même ici, la porte entrebâillée révèle un seuil, sombre et menaçant, que les timorés ne doivent pas franchir. 

En analysant les complexités de la condition humaine par la création artistique, j’essaie, égoïstement, de satisfaire mon sens de la réussite et de la détermination. Regarder en soi et réveiller sa propre conscience, telles sont les prérogatives et raisons d’être de l’artiste. Par conséquent, j´aurai satisfait mon besoin impératif de créer et communiquer si le spectateur est poussé à l´introspection, à méditer sur le message et à participer à un « festin des sens ».

Gate

Le 13/06/2012
L’alliance de différentes techniques de travail du verre était un principe constamment présent dans l’approche créative de Bohumil Eliáš père. Il combinait une peinture décontractée et expressivement colorée de formes en verre avec un agencement strict de segments rigoureusement taillés. Le jeu de peinture était ainsi complété par des effets optiques de réfraction lumineuse se produisant à l’intérieur de prismes.
Pendant des années, l’auteur utilisa le thème symbolique de la porte ou d’une autre idée d’un passage imaginaire entre deux mondes. Il les concevait comme une frontière entre le terrestre et le céleste, entre la réalité et le rêve ou encore comme un seuil fatal que nous franchissons pour entamer un nouveau voyage.
Un personnage de gardien - ou plutôt de guide - était presque systématiquement représenté près des « portes » d’Eliáš. Sa présence garantissait que l’homme n’allait pas se retrouver seul pendant son voyage.


Ivo Křen
Conservateur de la collection de verre du Musée de la Bohême de l’Est de Pardubice

Cup

Le 13/06/2012
Les coupes, en tant que trophées, sont des récompenses aux vainqueurs.
Elles reflètent la singularité du moment unique où, malgré toutes les épreuves antérieures, un homme est enivré par la joyeuse légèreté de l’esprit. Mais, comme cet instant est éphémère dans la marche du monde !
Il semblerait que Bohumil Eliáš fils ait représenté quelque chose de sacré et d’intangible, comme une précieuse relique emplie d’un sentiment de gloire. Son objet mystique aux formes bizarres allie la noblesse solennelle d’une pierre placée sur un piedouche au mystère voilé du contenu d’un récipient en verre. Néanmoins, le tout est couronné de manière grotesque par la représentation abstraite d’une sorte de scène supposée « héroïque ». 
S’agit-il d’une coupe en souvenir éternel de grands actes et en même temps d’un soupir légèrement ironique sur la vanité de la gloire terrestre ?

Ivo Křen
Conservateur de la collection de verre du Musée de la Bohême de l’Est de Pardubice

Flux et Fixe XIX”. 2012 N°2120524

Le 13/06/2012
Il y a une « consanguinité » du verre et des matériaux céramiques ; la pâte de verre, avant de désigner un processus de mise en forme du verre, était un matériau issu de leur hybridation. 

Actuellement, je travaille à leur association, en considérant avant tout la dimension symbolique de leurs qualités physicochimiques propres. 

Le verre est une structure amorphe soumise au flux et à la réversibilité, alors que les matériaux céramiques le sont au fixe et à l’irréversibilité. 
Le verre, « fluide », renvoie au temps qui passe, durée qu’on ne peut saisir, alors que les matériaux céramiques, « fixés », renvoient au temps cristallisé de la mémoire. 

Il s’agit pour moi de me mettre à l’écoute, non pas de la terre, non pas du verre en tant que matières, mais en tant que matériaux, car c’est dans le processus même par lequel ils sont mis en forme qu’ils révèlent le sens dont ils sont porteurs. 

Pour moi, ils recèlent une idée du temps que je cherche à mettre à jour.

Pièces détachées XXII

Le 13/06/2012
Depuis la série Empreintes, j’ai toujours considéré les espaces entre les différents éléments de la sculpture comme une matière à part entière. Les intervalles laissés vides comme des joints invisibles invitent à une lecture fractionnée de la pièce et incitent le spectateur à recomposer mentalement la sculpture dans son intégrité.

Avec les Pièces détachées, je redécouvre ce jeu entre le vide et l’empreinte, où les espaces ménagés entre les fragments de la sculpture sont, à l’instar des éléments en verre, une matière négative.

Courrier – 2012

Le 13/06/2012
Le travail de Maria a souvent exprimé la douleur et le mal-être de l´artiste. 
Cette année, alors que Maria doit lutter contre un mal plus profond encore, son œuvre est particulièrement troublante et évocatrice. Il nous rappelle que le corps de l´artiste n´est que l´enveloppe de son âme créatrice, qui mène une lutte permanente contre ce qui l´entoure, l´assaille et l´inspire.
Nous avons tous une pensée pour elle.

– Serge

La Dame de Shanghai

Le 13/06/2012

L’abîme d’un miroir…

Sous la protection d’une puissante vigne centenaire, l’étroite terrasse renouvelle ma perception du paysage… Collines silencieuses, toujours plus lointaines, chargées aujourd’hui d’une force sévère que je ne percevais pas quelques mois auparavant… 

Reconstruire, doucement, fermement, une architecture intérieure ; approcher ce
« château de l’âme », introuvable et pourtant nécessaire… Une fois encore le fleuve du temps disloque mes certitudes et me remet à nu…

Travailler sur le déplacement, la faille, la fêlure ; plonger dans un chaos de cristal ; casser, chauffer, ressouder très lentement les blocs, pousser, repousser les pierres de verre à l’aide d’un bâton qui s’enflamme et se brise… Suspendre ce magma qui s’étire et se dresse au bord de l’abîme d’un miroir… Plus que l’œuvre réalisée et refermée, je cherche son écho, ses résonances visuelles, une ouverture véritable…

Dame de Shanghai réfugiée dans le Palais des glaces, je contemple les reflets de ta fuite et de ta liberté…

- Raymond Martinez  Lurs, mai 2012

Bouquet

Le 13/06/2012
Le printemps : c’est, pour moi, la saison synonyme de période de grands changements et d’une nouvelle énergie.
La chlorophylle : phénomène permettant le renouvellement de la couleur verte en tons riches.
Chaque année, le paysage et sa végétation suscitent en nous une nouvelle inspiration et de nouvelles motivations.
Le vert, c’est la vie !

2012 - II

Le 13/06/2012
Cailloux,
bois,
briques,
coquillages,
ferrailles… objets glanés…

Le « mixed media » est au cœur de ma démarche habituelle.
Aujourd’hui la proximité avec la recherche en céramique de ma fille Aline m’a donné envie de travailler une pièce en collaboration avec elle.
Et, comme avec le photographe Alain Fillit pour le précédent Mixed media en 1999, ce thème m’offre l’occasion de créer en regards croisés.

Isabelle Mai 2012

Yellow Clamp

Le 13/06/2012
Mes tables basses “plateau” sont conçues et fabriquées comme l’architecture, avec des plans, des formes et des couleurs.
L’accent est mis sur l’unité formée par les éléments, pas sur une matière particulière.

L’acier jaune et les plans de surface stratifiés et colorés des oeuvres en verre varient selon l’angle de vue. Pour moi, le mélange des matériaux n’est réussi que s’ils distillent un message essentiel à partir de l’expérience visuelle.

Ces tables sont le résultat de dix ans de recherche sur les verres réflecteurs et transmetteurs de lumière combinés avec divers matériaux structuraux.

Polychrome

Le 13/06/2012
Tout d´abord, j´ai une confession à faire :

L´idée originelle de ce travail découle de la demande de Serge de concevoir une sculpture sur le thème Polychromie, un mot qui dérive du grec « polychromos » (multicolore). Mon intérêt personnel pour la polychromie commence avec l´architecture et la sculpture grecques classiques, notamment celles découvertes au Parthénon, sur la colline de l´Acropole d´Athènes. J´ai toujours eu une passion pour la beauté classique exprimée par la proportion, la forme et le rôle des bronzes patinés et des austères colonnes doriques en marbre blanc.

N’ayant jamais embrassé l´esthétique du postmodernisme, j’ai été choqué de découvrir les couleurs vives utilisées pour la décoration de ces mêmes éléments architecturaux et sculpturaux.

Une fois suscité mon intérêt pour la polychromie, j´ai tourné mon attention vers le naturalisme et l’hyperréalisme dans la sculpture espagnole du XVIIe siècle, dérivée de la tradition du bois polychrome qui démarre au Moyen-Age dans l’ensemble de l’Europe. Puis, j’ai étendu mes recherches en polychromie aux XVIIIe et XIXe siècles - jusqu´à Degas et sa Petite Danseuse - et enfin, au présent, avec des sculpteurs comme Ron Mueck.

Un jour, j´ai lu cette citation intéressante :

«Ceux qui peuvent dégrossir un bloc de bois ne pourront pas tous sculpter une forme ; ceux qui peuvent la sculpter ne sauront pas tous préciser ses contours et la polir ; celui qui sait la polir ne sera pas capable de la peindre...»
Saint-Jean de la Croix 1542-1591

Pour revenir à ma confession :

J’étais encore en train de couler les divers éléments de ma sculpture en verre polychrome à la date limite pour l’exposition, que j’ai manquée.

Alors, sautons vers 2012 et son expo Mixed Media. 
Terminé les recherches, il faut produire. 
Bien que je sois toujours absorbé par le concept de la polychromie, l’œuvre de cette année s’est métamorphosée en Mixed Media, intégrant verre, acier, feuilles d´or, gesso, peintures émail et à l´huile, caoutchouc noir, chaîne en métal, bois, et un poids en fer que j’ai ramassé.

Throwers

Le 13/06/2012

Dans ma nouvelle série Throwers (Lanceurs) – prolongement de la série Daggers Drawn –, je poursuis encore le thème de l’incertitude et du malaise qui semblent s’étendre sur la terre et à la société d’aujourd’hui. 
Avec les récents troubles à Londres et leur relation aux prochains Jeux Olympiques – ils semblent tous deux exister dans des mondes différents – j’ai choisi d’utiliser la métaphore du lanceur pour illustrer l´ambiguïté et les différentes interprétations du monde dans lequel nous vivons.
Le lancer – comme la course, la boxe et la lutte – faisait partie des premiers Jeux Olympiques de la Grèce antique. Le disque et le javelot étaient alors les projectiles de choix. 
Le simple fait de voir à quelle distance on peut lancer une pierre est un geste très normal et spontané.
Nous donnons libre cours à nos émotions au travers du lancer, l’utilisant comme un exutoire à notre colère ou pour « évacuer » la pression et le surplus d’énergie.
Dans les temps modernes, l´image d´un activiste ou d’un manifestant, lançant tout ce qui lui tombe sous la main, est devenue une icône photo de notre époque. Les attitudes et les situations évoquant révolte et insécurité sont photographiées par les journalistes du monde entier.
Avec ces Lanceurs, par cette ambiguïté, j’aborde la notion d’inquiétude sur l’avenir. Le personnage effectue-t-il un lancer sportif ou s’agit-il, pour lui, de régler quelque problème plus urgent ?

Still Life with Books

Le 13/06/2012
Le thème de cette année, Mixed Media, m’a encouragé à développer mon thème Still Life with Books dans une nouvelle direction.
Les livres sont un sujet récurrent dans mon œuvre ; j’apprécie à la fois leur forme et leur symbolisme, le savoir qu’ils représentent.
L’une des qualités qui m’intrigue dans ces pièces c’est le jeu entre les images abstraites et figuratives. Je coule les livres en négatif ; la forme externe de la pièce apparaît abstraite, montrant les espaces intermédiaires. L’image figurative se voit uniquement à travers le verre ou par réflexion interne. Le bronze, un médium dense et opaque, empêche cette vision de la forme figurative à l’intérieur et crée une pièce plus abstraite. En contraste avec les images abstraites/figuratives dans le verre, ceci pousse le jeu de l’illusion encore plus loin.
Le bronze est un médium fantastique - comme le verre -, d’une remarquable intégrité et chargé d’histoire. Il est fascinant d’associer verre et bronze dans une même sculpture.

7 mai 2012

Workhorse

Le 13/06/2012
Le thème des Verriales cette année est une continuité pour moi. Mon travail incorpore le mixed-media depuis de nombreuses années déjà, en particulier des combinaisons d´acier et de pâte de verre. 

Il y a environ six ans, j´ai également commencé à travailler avec diverses essences de bois afin d’ajouter de la chaleur, de nouvelles textures et des motifs organiques à mes créations.

J’ai utilisé l’un des plus beaux morceaux de noyer noir que j´aie jamais trouvé pour sculpter le corps du Workhorse. Afin d’effectuer un contraste avec le noyer foncé, j’ai ajouté un morceau de branche de laurier, à la fois beau et bizarre, que j´ai nettoyé, décapé au sable et éclairci jusqu’à obtenir un blanc os. 

Lorsque la tête du cheval et la carotte - toutes deux en verre - ont été ajoutées, elles ont « sauté aux yeux », comme je l´avais espéré, attirant l´attention sur le thème de la pièce : nos luttes difficiles, notre poursuite des carottes métaphoriques qui nous semblent importantes, nos efforts pour ne pas lâcher prise au travail et dans la vie… 

En ces temps « intéressants » que nous vivons, c´est une réflexion sur les qualités telles que la concentration et la persévérance. 

CORAL RAY

Le 13/06/2012
La surface visible fait partie de l’intérieur. 

L’invisible se trouve sous cette surface.

La forme avec sa surface constitue mon message. 

Mais le contenu et le monde intérieur de mes œuvres plastiques sont une énigme.

Ivo Křen
Conservateur de la collection de verre du Musée de la Bohême de l’Est de Pardubice

Pet

Le 13/06/2012
Deux substances : l’obscurité et la lumière. L’existence de la différence est conditionnée par l’autre – le jour et la nuit, la lumière et l’obscurité… Comment créer un être et le doter d’une âme ?
En reliant l’imagination et l’alchimie, j’ai créé un être pour consoler le cœur.

Ivo Křen
Conservateur de la collection de verre du Musée de la Bohême de l’Est de Pardubice

Progress

Le 13/06/2012

Nous étions en pleine discussion juste avant l’ébauche de cette pièce au moment où le nouvel iPhone est sorti sur le marché, rendant obsolète le précédent appareil.
C’est ce qui nous a conduits à jeter un regard dans le passé.
L’histoire, elle est conservée dans votre ordinateur et votre téléphone ; c’est la vie que vous avez partagée avec votre conjoint et vos enfants ; elle peut être, en biologie, géologie ou cosmologie, respectivement courte, longue ou très longue.
Au fur et à mesure que les civilisations sont détruites, d’autres prennent leur place.
Le progrès est aux antipodes de l’histoire ; il regarde en avant ; il construit sur son prédécesseur.
Grâce à lui, nous avons transformé le granit et l’argile en maisons et en tours, le métal en outils, en câbles et infrastructures, le verre fondu en vases, en fenêtres et oeuvres d’arts. Les arbres sont devenus des meubles, des placards et du bois d’œuvre.
Le savoir a conduit à l’inventivité.
Nous aimerions croire que le progrès améliore toujours la condition de l’homme. Notre espoir est que nous soyons en train de travailler à construire un monde dans lequel tous nos enfants - et leurs propres enfants - pourront vivre ensemble.
Pour que cela puisse se réaliser, nous avons besoin de Progrès.

Fleur d´eau

Le 13/06/2012
Chaque année, pour les Verriales, Serge nous soumet à un exercice de style périlleux avec le thème qu’il nous propose.

Je me suis donc aventuré à mélanger du verre de compositions différentes et de couleurs différentes. J’ai pris le risque de les faire fusionner, ce qui a provoqué, pendant le refroidissement, des tensions extrêmes qui ont créé des crevasses et, bien évidement, ce fut un échec…

J’ai dû travailler en étroite collaboration avec mon fournisseur de matières premières. Après trois nouveaux essais infructueux, nous avons réussi à mélanger à chaud ces différents verres, sans risque pour l’avenir de la pièce.

Cette réponse à la thématique Mixed Media me parait originale et audacieuse car, à première vue, les spectateurs ne comprendront pas où se trouve la thématique.

Study #1 Loving Cup

Le 13/06/2012
La suggestion de Serge d’un travail sur le thème Mixed Media m’invita à revoir un modèle que j’avais utilisé dans mon travail des années 80.
Pour la série Loving Cup, j’ai commencé par de très simples croquis en graphite et huile sur papier. Ensuite, du relief a été sculpté en argile, un moule réfractaire réalisé et le verre coulé pour reproduire le relief en céramique. La pièce est vue de dos, permettant de regarder dans le relief. La peinture noire sert à définir la forme, à révéler la texture et la topographie de surface.
Dans les pièces de cette série, les effets rendus sont réducteurs, illustrant des éléments isolés de la coupe. Study for a Loving Cup offre le profil d’une coupe représentant un visage et des poignées, ce qui suggère une communion, quelque chose à partager. Ces pièces évoquent une communauté en fête.

Conversation 10

Le 13/06/2012
En ce moment, nous pensons aux Conversations et essayons de figer un instant. Ce qui a amené à cet instant, et lui succédera, laisse le champ totalement libre à l’interprétation. Il est très intéressant de saisir les postures qui inspirent le spectateur. Chacun apporte ses expériences à l´histoire et inventera le récit. 

Lors de la conception du lieu de conversation des personnages, le défi consiste à suggérer un endroit qui devienne un composant de l´histoire, sans fournir trop de détails. Nous aimons évoquer l’essence architecturale ou présenter leur mobilier de façon abstraite, originale et légèrement décalée, pour ajouter ainsi un peu plus de piquant à l´histoire. 

Notre collaboration fait ressortir le meilleur de chacun d’entre nous. Steve apporte une touche architecturale et son talent pour la visualisation des formes sur la planche à dessin, tandis que Leah a l’œil pour le personnage et un don pour une approche plus organique de la sculpture. L’utilisation de concepts, le dessin, la réalisation de la construction, la résolution des problèmes et la mise à profit de nos talents respectifs, pour la sculpture et l’utilisation des matériaux, ajoutent richesse et profondeur à notre procédé. Nous avons le même but et nous y arrivons grâce à des expériences et des points de vue différents qui fusionnent pour aboutir à l´expression de nos idées communes.

Mixed blue

Le 13/06/2012
Mixed Blue

71 % de silice
14 % de carbonate
10 % de calcaire, magnésie
5% d’oxyde de cobalt

336 heures d’énergie (nucléaire, renouvelable, thermique)

un matraquage permanent de photons…

Whisper

Le 13/06/2012
Quand je travaille, je n’analyse pas trop, je suis mon instinct, je ne fais pas appel à la logique ; je ne sais pas pourquoi j’agis toujours comme ça…
Mais, ce que je sais, c’est que l’art influence et embellit l’environnement et que le travail est un processus magique… quand tout marche bien.

Macht

Le 13/06/2012
Les travaux de Wilken Skurk révèlent un dialogue entre les matériaux, un contraste de densité, une différence de poids, de température et de viscosité. 

On rencontre une analogie de l´utilisation du Mixed Media dans le nouveau thème Bunker.

Hermétiquement scellé, visible dans sa forme et sa densité, l´hémisphère en verre repose sur un socle en lattes de bois en train de se casser. 

Le verre est translucide, révélant la vie intérieure mais la protégeant en même temps grâce à l´épaisseur du matériau et sa forme géométrique. 

La structure en bois, avec ses interstices, montre des découpes qui contrecarrent ainsi le caractère inexpugnable du bunker. 

La vie intérieure de la sculpture, supposée protégée, devient soudainement vulnérable.

On ne devrait pas se sentir trop sûr de soi !