Maria Blue Bay

Le 20/06/2011

Maria Lugossy, à travers ses œuvres, met en évidence son statut de femme, développant une problématique récurrente chez ces dernières : l’enfantement, la vie et la mort. 


Rarement dans une œuvre construite, le choix des matériaux et des techniques aura aussi bien servi la pensée d’un artiste. La technique du verre laminé est en adéquation parfaite avec le propos sur la mémoire, qui irrigue l’œuvre entière. 


Les stratifications du verre sont une constante dans son travail. L’une des raisons de ce choix est la dualité de ce matériau, d’une extrême fragilité mais pourtant éternel dans son discours. La dualité devient un leitmotiv : violence-amour, souffrance-espoir, mémoire-oubli, vie-mort… 


Ses pièces sont empreintes d’un passé douloureux, ouvrant des plaies qui ne cicatrisent jamais ; pourtant, pièce après pièce, la douleur s’atténue et fait que l’existence devient supportable, voire – certains jours comme par enchantement – joyeuse. Cette souffrance latente, ce futur orageux s’opposent encore et toujours à des sentiments positifs, extrêmement puissants, amenant le spectateur dans une problématique atypique. 


Maria domine parfaitement son environnement, passant de petits à de gigantesques volumes avec un naturel déconcertant. Son œuvre, marquée dans la durée et la continuité par ses choix plastiques et idéologiques, nous révèle le talent d’un sculpteur qui n’a d’égal que celui des grands sculpteurs du début du vingtième siècle. 


Maria Lugossy nous offre une œuvre originale, profonde et sincère, qui s’inscrit dans les chemins de l’éternité.