Raymond Hidden serenity

Le 16/06/2010

… murmure d’une polychromie incertaine…

Tu m’avais parlé de son texte, lucide, lapidaire…. Les profondes résonances de son propos rencontraient étrangement la marche obscure des affaires du monde… Mais il était aussi question de cette femme artiste, talentueuse et inquiète, cherchant dans la création, un baume souverain pour effacer les blessures de son âme… J’étais envahi par ces clameurs lointaines… Les mots d’Héraclite, le fleuve du temps ; les enseignements du bouddha, l’impermanence de nos réalités humaines ; posture magique de Proust, énergie vitale, écriture, respiration… Je voulais soudain travailler sur l’illusion, les reflets virtuels, questionner la vérité mensongère d’un miroir… Peu à peu, j’ai inscrit dans la chair du verre certains signes du bonheur : sourires, grappes de vigne, couleurs de feu… Toutes ces prémices propices à l’ivresse du corps et de l’esprit… Je pouvais maintenant percevoir une scène secrète chargée de joie et de solitude… Mais il fallait protéger cette sérénité cachée ! Dresser une carapace puissante, marteler la douceur du plomb, encaustiquer, déshabiller les couleurs, laisser seulement subsister l’émouvant murmure d’une polychromie incertaine… Je voulais quelque chose de flottant, d’insaisissable, un morceau de silence, je désirais dématérialiser le refuge que j’avais trouvé, le rendre inviolable…

Lurs, le 19 mai 2010