Raymond La Dame de Shanghai

Le 13/06/2012

L’abîme d’un miroir…

Sous la protection d’une puissante vigne centenaire, l’étroite terrasse renouvelle ma perception du paysage… Collines silencieuses, toujours plus lointaines, chargées aujourd’hui d’une force sévère que je ne percevais pas quelques mois auparavant… 

Reconstruire, doucement, fermement, une architecture intérieure ; approcher ce
« château de l’âme », introuvable et pourtant nécessaire… Une fois encore le fleuve du temps disloque mes certitudes et me remet à nu…

Travailler sur le déplacement, la faille, la fêlure ; plonger dans un chaos de cristal ; casser, chauffer, ressouder très lentement les blocs, pousser, repousser les pierres de verre à l’aide d’un bâton qui s’enflamme et se brise… Suspendre ce magma qui s’étire et se dresse au bord de l’abîme d’un miroir… Plus que l’œuvre réalisée et refermée, je cherche son écho, ses résonances visuelles, une ouverture véritable…

Dame de Shanghai réfugiée dans le Palais des glaces, je contemple les reflets de ta fuite et de ta liberté…

- Raymond Martinez  Lurs, mai 2012