Néon bleu Mémoire

Le 29/06/2006

Les habitants du pays d’où je viens ont perdu un temps la mémoire. Aujourd’hui ils sont obligés d’écrire leur histoire.
 Ma mémoire est comme la leur. Elle s’est enfuie sous les événements du passé mais elle ne
disparaît jamais. La vie est pleine de fragments de souvenirs : d’oppressions, de mensonges, de petits arrangements avec la réalité. De bonheur aussi. Il est impossible de les classer, ni souvent de les
nommer. Au fil du temps ils n’ont plus beaucoup d’importance.
 Mais ils sont indélébiles, tapis sous le socle d’une aventure humaine ou enfermés dans la cage d’un exil.
 J’écris ma mémoire.
 Ma mémoire est enfouie sous le travail de toute une vie.

Matei negreanu