Clear Lumina Echo with Green and Blue, 1992-93

Le 16/06/2010

Une ironie et un esprit formidables se manifestent dans l’œuvre de Patti : pièces hautement visibles, chargées de couleurs riches et fascinantes, dans un rapport intime. On peut les considérer comme des objets inondés de visibilité, devenus le théâtre d’une expérience sur l’invisible, le véritable joyau. Patti fait agir l’invisible, lui donnant la vie. Si l’idée classique de l’art est de rendre visible l’invisible, alors Patti emploie ses extraordinaires talents comme un maître de la présence visible pour donner une présence à l’invisible, sans le rendre visible. Il montre l’invisible (l’absence absolue) dans – et pour – soi-même en tant que mystère dans l’éclatant visible. C’est comme s’il le capturait et le préservait dans l’ambre de la visibilité, pour laquelle il a forgé une sorte de cage superbe. Si, d’après Karl Marx, l’art est l’histoire du raffinement des sens, alors Patti a raffiné celui de la vue – généralement le premier portail et le plus aigu des sens – afin que puisse être vu ce qui normalement passe inaperçu. Dans une certaine mesure, c’est l’ambition de l’art romantique moderne depuis que les personnages de Casper David Friedrich ont fixé le vide du ciel, dans l’espoir d’apercevoir leurs âmes dans son néant. Donald Kuspit, 2004