Original Sin Steel, pâte de verre, mahogany

Le 29/06/2006

LA VERITE

 La mémoire est comme la poésie, dans laquelle les idées sont définies autant par les choses exclues que par celles écrites. En tant qu’êtres humains, nous avons développé une mémoire collective pour ce que nous croyons notre histoire ; et cette mémoire est codée par des images iconiques et des symboles bien connus, devenus une représentation des couches de signification qui dépassent celles qui sont immédiates et visuelles. Nous varions, ou peut-être ne sommes nous pas d’accord, dans notre
interprétation de telles images – et ceci en grande partie en fonction de nos opinions politiques, nos
origines ethniques, nos croyances religieuses.

 Ma sculpture cette année est une utilisation délibérée de symboles et métaphores mixtes. J’ai voulu mettre ensemble la pomme, symbole classique et chrétien de l’Homme tombé en disgrâce, et une icône de la culture islamique d’aujourd’hui. Bien que le buste de Néfertiti soit antérieur à l’Islam, il est resté pendant des millénaires dans les sables d’une région qui est de nos jours essentiellement
musulmane: son visage bien connu est synonyme de la région de ses origines. Cependant, il semble
parfois oublié que le christianisme partage ses racines avec cette même région – le Moyen Orient.          

 Néfertiti et son époux – le pharaon Akhenaton, sont tenus par beaucoup comme les premiers dirigeants égyptiens à pratiquer et à promouvoir un monothéisme, tout en décrétant hors la loi les croyances polythéistes qui existaient avant leur prise du pouvoir. Bien que leur vénération du dieu soleil Aton soit une croyance très différente du christianisme ou de l’islam initial, ce que ces croyances ont toutes en commun - beaucoup trop souvent - c’est l’insistance sur une seule version ou interprétation de qui ou de ce qu’est “Dieu”. Pour moi, c’est cette insistance qui est le véritable “péché originel”, ce qui génère les racines de l’intolérance. En tant qu’êtres humains, j’espère que notre mémoire collective nous rappellera que nos fois et nos croyances diverses ne sont que les branches d’un seul arbre et que nous avons des origines communes.