Mark Vigil

Le 17/06/2008
Lumière, source de vie : pensées sur un thème

Un quart de siècle après les observations anatomiques de Léonard de Vinci concernant la vue des humains qui ont conduit à la conclusion que la lumière pénètre l’œil plutôt qu’elle n’en émane, Nicolas Copernic contesta la théorie géocentrique vaniteuse selon laquelle la planète Terre serait le centre de l’univers.
Aujourd’hui, au XXIème siècle, nous adhérons -unanimement– au principe héliocentrique que l’étoile Soleil est le centre de notre système solaire et que c’est grâce à sa proximité de la Terre que, en nous baignant de lumière et de chaleur, elle maintient la vie sur notre fragile planète.

Nous, humains, enfants du soleil, avons seulement à examiner l’histoire pour nous rappeler l’équilibre délicat entre la Terre, ses habitants et notre céleste gardien.
En 1816, réputée comme « l’année sans été », plusieurs centaines de milliers de personnes ont péri dans le monde par suite de températures glaciales, perte des récoltes et famine. Ces circonstances cataclysmiques ont été provoquées par la pire des éruptions volcaniques en 1600 ans, celle du Mont Tambora en Indonésie, laquelle a contaminé l’atmosphère de gaz nocifs et de cendres, bloquant les rayons du soleil et causant des effets dévastateurs.
De nos jours, dans ces temps aux technologies avancées, la planète est confrontée à un autre
phénomène climatique plus insidieux et potentiellement annihilant : son réchauffement. Les nations industrialisées continuent à vomir des gaz à effet de serre, enveloppant le monde dans un voile qui retient les rayonnements. Les températures et le niveau de la mer montent, les saisons et les
écosystèmes sont irrévocablement touchés, exacerbant les problèmes d’un monde déjà surpeuplé et déchiré par la guerre, un monde qui se bat pour des ressources naturelles réduites.

Ayant récemment entrepris des recherches sur ces questions climatiques historiques et contemporaines, je me suis pris de passion pour les images intensément puissantes des « fontaines en feu » d’une hauteur de 450 000 kilomètres sur la surface du soleil, qui m’ont donné l’idée d’explorer le pouvoir physique et symbolique du feu en direction de la terre.
J’ai associé les matières, nées de ce feu, de façon appropriée, incluant céramique et verre, pour créer des concepts figuratifs qui évoquent les souvenirs des anciens temps et les civilisations du passé.
Les gardiens de la flamme se présentent sous différentes formes, tels un roi assiégé, un loyal
guerrier et un sorcier qui, respectivement, affrontent et exploitent les propriétés et les connotations destructrices, ritualistes et mystiques du feu.

En de nombreux points, la vitalité du feu évoque la condition humaine autodestructrice, par le fait que toutes deux sont destinées à tout consumer autour d’elles, dans un effort d’autoperpétuation et que, à partir des cendres inéluctables, jaillisse la possibilité d’une nouvelle vie et de la Lumière.
Mes personnages sont donc le simple écho de mon propre désir de m’épanouir dans une époque
précaire et de m’abriter de l’inconnu sombre et menaçant.